13.07.2006

Cela devient une rengaine...


Le scénario est immuable. Une groupe international rachète une de nos entreprises, rafle les subsides, s'empare de ses marchés, ignore son savoir-faire, licencie, ferme l'usine et laisse le site à l'abandon et c'est la collectivité qui casque pour le remettre en état sous les applaudissements des élus.
Thieu vient de vivre le dernier épisode lamentable d'une escroquerie de ce genre. La cimenterie locale avait été fondée en 1921. Elle a employé jusqu'à 200 ouvriers en 1953 en fabriquant un ciment de qualité qu'elle exportait aux 4 coins du monde.
Un jour, elle est rachetée par Holcim, une multinationale suisse. Restructuration, "économie d'échelle(s)", fermeture et une friche industrielle, une!
Le 10 août 1993 commencent les travaux de démolition et d'assainissement du site. Coût: 417.108 euros. Somme entièrement prise en charge par l'Europe et la Région wallonne. Donc avec nos sous à nous. Holcim ne paie pas 1 centime malgré ses bénéfices plantureux. Privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes.
Une rengaine je vous dis.

20:13 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique |  Facebook |

10.07.2006

La Belgique a-elle encore un avenir ?


Beaucoup de Wallons pensent encore que l'Union européenne n'acceptera jamais que l'on touche aux frontières issues de la Seconde Guerre mondiale, interdisant ainsi à la Flandre de prendre son indépendance. Et si, au contraire, l'Europe poussait à l'éclatement des pays les plus fragiles ?


Le modèle germanique
C'est en tout cas la thèse que défend le docteur en Sciences politiques, Pierre Hillard. Et il ne manque pas d'arguments.
Il est, par exemple, des institutions européennes dont la presse belge francophone fait rarement mention. Ainsi le "Comité des Régions". Créé par le Traité de Maastricht (1992), en raison de l'appui décisif du Chancelier Helmut Kohl, il a la volonté de renforcer les prérogatives des régions. Volonté qui avait été soutenue, dès octobre 1987, par une résolution adoptée lors de la Conférence des Ministres-Présidents (tiens, comme dans nos entités fédérées!) allemands à Munich. Son objectif est donc de créer une Europe aux structures fédérales à la sauce germanique. 2 ans plus tard, ces mêmes Ministres-Présidents, en liaison avec Berlin, élaborèrent "un rapport sur la position des Länder et des Régions face aux développements futurs de l'Union européenne"Tous ces travaux ont rejailli dans le Traité de Maastricht en faveur du renforcement des autonomies régionales.
Et le CPLRE, vous connaissez ? Il s'agit du Congrès des Pouvoirs locaux et Régionaux d'Europe, qui, en 1997, par sa recommandation 34, publie la Charte de l'Autonomie régionale. Son rapporteur, allemand, le député social-démocrate Peter Rabe a présenté la 1ère ébauche du rapport favorisant la régionalisation complète de l'Europe suite à l'initiative du gouvernement du Land de Basse-Saxe dont le Ministre-Président de l'époque s'appelait... Gerhard Schröder.



Helmut Kohl

De l'ex-Yougoslavie à la Catalogne
Le 23/12/1990, la Slovénie, l'un des Etats qui composaient la Yougoslavie proclame, après référendum, son indépendance. Le 20/2/91, elle abroge les lois fédérales. Après quelques escarmouches victorieuses des Slovènes déterminés et bien entraînés (par qui ?), l'évacuation des troupes yougoslaves du nouvel Etat indépendant est achevée au mois d'octobre 91. Dès le 5/1/92, l'Allemagne surprend tout le monde en reconnaissant le nouvel Etat. On sait la guerre abominable qui s'en suivit.
Le 1/1/1993, c'est au tour de la Tchécoslovaquie qui se scinde en 2 Etats, la Tchéquie et la Slovaquie, lors de la "partition de velours"
Or, nul ne peut nier le poids prépondérant de l'Allemagne au sein des pays de l'ex-Pacte de Varsovie.
Et en Europe occidentale qu'en est-il ? En septembre 1997, par référendum, l'Ecosse s'est prononcée, à une large majorité, en faveur de la création d'un Parlement. Le 1er depuis 1707. Le Parlement britannique ratifie le "Scotland Act" en 1998 et les 1ères élections ont lieu le 6 mai 1999.
Le 2/6/2006, c'est le Montenegro qui, par référendum, décide de se détacher de la Serbie. C'en est définitivement fait de la Yougoslavie.
Et le 18/06, c'est au tour de la Catalogne d'obtenir un nouveau statut qui renforce ses compétences et la conduit au bord de l'indépendance. Jugez plutôt. La Région se voit attribuer la moitié des taxes de toutes sortes perçues sur son territoire; elle renforce ses prérogatives en matière d'éducation, de justice, d'immigration, d'utilisation de la langue catalane et des droits de la Région dans les relations internationales. Elle obtient aussi le droit d'exhiber son drapeau, de chanter son hymne national et de fêter la nation. "Nation", le mot est lâché. Il n'est cité que dans le préambule du nouveau statut catalan et, de ce fait, n'a aucune valeur juridique. N'empêche que pour les Catalans, c'est tout comme. Et gageons que les 16 autres régions ne vont pas être de reste, Andalousie et Pays basque en tête.



Pasqual MARAGALL, président de la Catalogne


Et la Belgique ?
On ne peut, devant un tel constat, que de faire un parallèle avec la Belgique. La Flandre ne dispose-t-elle pas, au moins, des mêmes pouvoirs que la Catalogne ? Ne dispose-t-elle pas d'un hymne national, d'un drapeau et d'une fête nationale ? Fin janvier 2006, n'a-t-elle pas voté une constitution reconnaissant la nation flamande ? Et le 1/6, à l'initiative du Vlaams Belang, n'a-t-elle pas voté, à l'unanimité des représentants flamands (sauf Herman De Croo) le démembrement de l'Etat belge en vue d'accorder l'indépendance au peuple flamand et au peuple wallon souverains. Bien sûr, ce texte, n'a, non plus, aucune valeur juridique. Mais qu'entend le citoyen flamand à ces arguties juridiques ? Bien sûr, les représentants francophones ont voté contre à l'unanimité. Mais nous sommes minoritaires depuis que la Belgique existe en tant qu'Etat. Comment pourrions-nous nous y opposer?
Les belgicains ont du mourron à se faire. Les indépendantistes wallons aussi. Car, il est clair, que malgré les rodomontades autour du "Plan Marschall", que nous ne sommes pas encore en mesure de nous assumer seul. Un exemple parmi (énormément) d'autres: la saga de "l'allocation de rentrée" visant à grossir les allocations familiales au mois de septembre. Coût 150 millions d'euros. Le PS qui voudrait que l'électeur lui reconnaisse ce geste généreux essaye de "vendre" la mesure. Freya Van Den Bossche (SPa), ministre du Budget, freine des 4 fers et Frank Vandenbroucke (SPa aussi) affirme qu'une telle allocation est du ressort des communautés puisque compétente en matière d'enseignement. Panique et hurlements francophones: les allocations familiales sont fédérales. Autrement dit, nous n'avons pas les moyens de les payer sans l'aide des Flamands. Soucis en vue.



Le Coq wallon de Paulus


Et Bruxelles ?
Les Bruxellois ont, eux aussi, quelques soucis en perspective. Tout d'abord, on peut remarquer que l'initiative du VB les ignore superbement: un Etat flamand et un Etat wallon. Punt ander lijn. Brussel est la capitale de la Flandre.
Ensuite, si Bruxelles compte sur l'Europe pour s'en sortir, elle peut aller se brosser. J'en veux pour illustartion une brève du Vif/L'Express du 23/6/2006:Plus de 35 millions d'euros devraient être consacrés l'année prochaine par le Parlement européen à la sécurité et à la surveillance de ses immeubles, qui se sont multipliés à Bruxelles. Effarés par ce chiffre, en progression de 10% par rapport à 2006, les eurodéputés de la commission du Budget veulent négocier une augmentation de la contribution de l'Etat belge et des autorités bruxelloises. En faisant valoir que Bruxelles tire avantage de cette assemblée sur son territoire"
On pourrait même dire que c'est la source principale de ses revenus. Qu'en sera-t-il quand Bruxelles devra assumer seule la présence européenne ? Croit-elle encore que c'est l'Europe qui va la subventionner ? Strasbourg a un bel avenir devant elle.

22:02 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : separatisme |  Facebook |

03.07.2006

Une référence indispensable !



http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_35_idc_747_lettre_D-D...


Belgique années 1950 : la colère sociale gronde dans ces années d'après-guerre. Georges Dobbeleer, attiré par le personnalisme d'Emmanuel Mounier, participe au réseau belge de la revue Esprit animé par Jean-Marie Domenach. Mais très vite, insatisfait par cette voie, il rejoint les rangs de la 4e Internationale. Cet engagement politique le mêle aux grandes luttes sociales de l'époque. Il devient un des principaux animateurs de la Jeune garde socialiste, l'organisation de jeunesse du parti socialiste belge. Il est un des fondateurs du journal La Gauche.
Engagé syndicalement, il agit au quotidien dans le mouvement ouvrier belge. Militant trotskiste, il participe au réseau d'aide au FLN, parcourt la Pologne où il rencontrera de 1962 à 1964 Jacek Kuron et Karol Modzelewski pour la reconstruction de l'organisation trotskiste dans ce pays.
Il sillonnera également le Japon, l'Asie du Sud-est et l'Inde, comme envoyé spécial de l'Internationale trotskiste. Ce récit autobiographique s'achève alors que résonnent les coups de tonnerre de Mai 68.


Document social et historique sur la Belgique des années 1950 et 1960, cette autobiographie restitue l'atmosphère d'une époque, ses espoirs et ses déceptions. Un roman de vie plein de rebondissements


J'ajouterai, pour ma part, que Georges est d'une limpidité exceptionnelle dans ses conférences. C'est un régal que de l'entendre."Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément" a écrit Boileau. Sa connaissance encyclopédique de l'Histoire, du marxisme et de la politique en général alliée à une puissance d'analyse digne de Mandel, font de lui un pédagogue de toute première force.


00:53 Écrit par Patrice | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lcr |  Facebook |

02.07.2006

L'avenir de l'humanité est entre vos mains.



Ne consommez plus idiot. Devenez consom-acteurs !
Téléchargez, lisez et appliquez les conseils de Greenpeace.


http://www.greenpeace.org/raw/content/france/press/reports/et-ta-mer-t-y-penses.pdf



22:56 Écrit par Patrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sauvez la planete |  Facebook |

Di Rupo: la série noire continue.



Outre les scandales qui secouent son parti, outre la fronde qui agite certaine baronnie, c'est maintenant son "Plan Marschall" qui est touché au coeur.
Le dit plan veut en effet privilégier 5 créneaux jugés prioritaires: agroalimentaire, ingénierie mécanique, transport/logistique, aéronautique/spatial et sciences du vivant (santé et pharmacie)
280 millions de nos euros à nous sont prévus pour ces secteurs, baptisés, pompeusement, "pôles de compétitivité". De cette somme, 120 doivent être consacrés à la recherche. Et pour faire bonne mesure, 150 millions de nos euros à nous doivent y être injectés.



Le maïeur de Mons n'a oublié qu'une chose: le politique propose, le financier dispose.
L'entreprise pharmaceutique Eli Lilly, qui n'en a rien à battre de l'avenir de la Wallonie, a donc décidé de fermer son site de Mont-Saint-Guibert, en Brabant wallon. Dont coût: 330 emplois de haut niveau qui passent à la trappe.
Le Gouvernement wallon a, bien sûr, réagi. Son Ministre-Président, en personne, a voulu, je cite, "témoigner son soutien aux travailleurs ainsi qu'à leurs familles concernés par cette restructuration et que cette nouvelle a sans nul doute bouleversés". Je suis sûr qu'ils doivent pleurer de joie devant cette mâle déclaration qui va certainement épouvanter le patron pharmacien.
Notre Ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, lui, menace qu'il va contraindre la firme a rembourser les aides perçues.
Parce que le gouvernement wallon a accordé des aides avec nos euros à nous pour cette entreprise qui a vu, en 2005, son chiffre d'affaires progresser de 6% à 14, 6 milliards de dollars (11,4 milliards d'euros). On ne peut pas dire qu'Eli Lilly soit une entreprise en difficulté ce que reconnait d'ailleurs Stéphane Willems, le porte-parole de la société.



Seulement voilà, l'inventeur du Prozac a quitté le Top 10 de la pharmacie mondiale et ses bénéfices rapportent moins de 10% aux actionnaires. Pas contents, les actionnaires.
Donc, on ferme.Même si le site wallon est performant.
Nous ne savons pas à l'heure actuelle comment Mr Marcourt va obliger la firme d'Idianapolis à recracher au bassinet. Il risque fort de s'entendre répondre: "Tiens, fume, c'est du belge". Ceci écrit, soyez sans crainte. Les 127 autres entreprises pharmaceutiques présentes en Wallonie guettent déjà ces chercheurs hyperqualifiés.
Mais il n'en va pas toujours ainsi. Souvent, c'est le chômage, la galère qui attend les victimes de ce capitalisme forcément sauvage.
Et le politique, qui a abandonné tout le pouvoir au financier, ne peut plus jouer que les matamores.
Quoique... Il y a bien une solution.
Si le ministre de l'économie récupère ces fameuses aides, on peut rêver, le gouvernement wallon ne peut-il les consacrer à créer des "pôles de coopératives" gérées effectivement par les travailleurs et non par des créatures politiques (merci, on a déjà donné !) ?Cela ne plaît pas aux patrons ? Ben non mais quand on est vraiment socialiste, l'adversaire, c'est le patron, pas le travailleur.


16:52 Écrit par Patrice | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique |  Facebook |

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