05.09.2007

Pour le triomphe du bon sens.


Toutes les excuses sont bonnes, tous les soupçons sont autant de prétextes.
La police fédérale et l'office des étrangers ne semblent pas voir digérés le camouflet que le tribunal de première instance de Bruxelles leur a infligé dans ce qui est devenu l"Affaire Angelica", du nom de cette ressortissante équatorienne de 11ans enfermée avec sa mère pendant un mois au centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel.
Fin juillet, en effet, le tribunal avait annulé leur ordre de détention.
Hier, c'est le père d'Angelica, qui était arrêté à Zaventem et enfermé à Merksplas.
Ce qui est curieux, c'est que Javier Loja Torres, le papa d'Angelica, a été omniprésent dans les médias pendant la détention de sa fille. Ni les policiers, ni les sbires de l'office des étrangers n'ont réagi à cette époque.
Bien sûr, l'administration a des arguments, pas folle la guêpe: Javier ne serait pas un inconnu de ses services, il s'est présenté deux fois sous des identités différentes en Belgique, il serait même bigame ! Toutes choses qu'ils devaient, sans doute, ignorer au mois de juillet.
Pourquoi un tel acharnement sur cette famille ? Une piste de réflexion.
Le 30 septembre, des élections législatives doivent avoir lieu en Equateur. Le président actuel qui ne dispose pas de majorité au Parlement, il a été élu en dehors des partis traditionnels, a de fortes chances de l'emporter. Or c'est un proche des Chavez, Morales, Castro et autre Lula. Les incarnations du mal pour tous les capitalistes, en ce compris les CD&V-NVA, Open VLD et autre MR. La victoire de Raffael Correa renforcerait la vague de gauche qui est en train de s'imposer en Amérique latine. Ce n'est qu'une hypothèse, un élément du dossier parmi d'autres.


correa


Raffael Correa


Le 4 juillet 2007, le Président Correa avait rédigé un message plein de bon sens sur l'Affaire Angelica.


Le Président de la République, Rafael Correa, a déploré aujourd'hui la détention durant un mois en Belgique de l'équatorienne Ana Cajamarca et de sa fille Angélica, âgée de 11 ans, et a affirmé que si les citoyens belges se voyaient un jour obligés d'abandonner leur patrie, ils seraient accueillis en Équateur « à bras ouverts » car le Gouvernement considère qu' « aucun être humain n'est illégal ».


Lors de l'émission que se tient tous les samedis, le chef de l'Etat a qualifié de « cruelle » la conduite des autorités belges concernant ce cas et a lancé un appel pour qu'aucun Equatorien ni Equatorienne ne doive quitter le pays.


"Dépêchons-nous et battons-nous le 30 septembre pour construire une patrie que plus personne ne sera contraint de quitter et pour que ceux qui partent un jour puissent revenir, pour éviter que ne se reproduisent les humiliations vécues par nos compatriotes à l'étranger » a affirmé Correa.


Le Président a également fait savoir qu'un comportement tel que celui des autorités belges aurait suscité un grave scandale international s'il avait été commis en Amérique du Sud.


« Quel dommage que la Belgique ait commis ces abus. Si le Président Chávez, si Evo Morales, si Fidel Castro, si moi-même qui vous parle, nous mettions en prison durant trois jours une mère étrangère et sa fille de 11 ans, on nous traiterait de tous les noms : dictateurs, sanguinaires, hommes des cavernes... La Belgique a détenu pendant un mois notre camarade Ana Cajamarca et sa fille Angélica de 11 ans. Quelle cruauté ».


« Je voudrais dire à la Belgique, au peuple belge que j'aime tant - mon épouse est Belge et mes enfants ont la double nationalité, je la considère comme ma deuxième patrie -, à ce ministre qui a dit que si les Equatoriens étaient si maltraités en Belgique, pourquoi souhaitaient-ils tous rester, pourvu que jamais, pour toute l'injustice que vous avez commis au nom de sa nationalité, une pluie acide ou une catastrophe naturelle ne s'abattent sur vous et ne vous oblige à partir ».


Quoi qu'il en soit, si un jour, vous, camarades belges, étiez dans l'obligation de quitter votre propre patrie, soyez sûrs qu'ici, en Équateur, vous serez accueillis comme des frères, car nous considérons qu'aucun être humain n'est illégal et nous recevrons toujours à bras ouverts."


Source: CADTM et Le Soir


Angelica


Angelica et sa maman ne sont cependant pas encore sorties de l'auberge.
C'est le 18 septembre que la cour d'appel décidera de leur sort.
A cette date, l'image de la Belgique, déjà bien écornée par la saga de "l'orange bleue", sera un tant soit peu rétablie par une décision empreinte d'humanité ou sera, une fois de plus, salie par une soi-disante justice aussi aveugle qu'inhumaine.
Nous souhaitons bonne chance à Angelica, à Ana, à Javier et au Président Correa.
Pour que, de chaque côté de l'Atlantique, le bon sens triomphe.

17:50 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luttes |  Facebook |

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