07.10.2007
Il a été assassiné le 9 octobre 1967.
Dans deux jours, nous commémorerons le quarantième anniversaire de la mort d'Ernesto Guvara, dit le "Che".
Ce blog, pendant plusieurs jours, parfois peut-être entrecoupé d'autres messages liés à l'actualité immédiate, vous relatera la vie et la pensée de Guevara.
Le texte est d'Ataulfo Riera que vous pouvez trouver, dans son intégralité, sur le site de la LCR-La Gauche. Nous ne doutons pas que certains impatients vont s'y précipiter. Les autres pourront suivre tout l'article, au jour le jour, grâce au tag "Histoire"
http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_sectio...

Qui était Che Guevara?
Après une longue période d'oubli, son visage semble omniprésent: sur des affiches, des badges, des livres, des t-shirts, des CD... La réapparition du portrait d'Ernesto Guevara, dit « El Che «, révolutionnaire d'origine argentine, démontre que le mythe né il y a 30 ans est loin d'avoir disparu. Mais, au-delà du mythe du rebelle éternellement jeune (dont beaucoup en ont fait une image «sainte» et inoffensive), au-delà de toute la récupération bassement commerciale dont le Che est actuellement l'objet, c'est l'homme, le révolutionnaire et le théoricien marxiste qu'il nous faut (re)découvrir. Personnage historique et non image légendaire, l'histoire et l'oeuvre de Che Guevara est importante à connaître. Sa vie, son oeuvre est une source d'exemples, d'enrichissements théoriques et pratiques non seulement de par les succès qu'il a connu, mais également de par ses échecs et ses erreurs. Loin de tout culte de la personnalité, nous voulons restituer ici la vie et l'oeuvre d'un révolutionnaire hors du commun.

1. La jeunesse d'un révolutionnaire
uillet 1997, au sud de la ville de Santa Cruz, en Bolivie, une équipe de chercheurs cubano-bolivienne vient de mettre à jour les ossements d'un groupe de guérilleros morts il y a 30 ans. Les restes de Che Guevara sont identifiés et transférés en grande pompe à Cuba. Soixante neuf ans plus tôt, le 14 juin 1928 à Rosario de la Fe, petite ville argentine, naissait Ernesto Guevara Lynch de la Serna. La famille Guevara était relativement aisée, mais le futur révolutionnaire baignait malgré tout dans une atmosphère nettement progressiste. Comme le relate Ricardo Rojo, un ami de la famille: « passion de la justice, haine du fascisme, indifférence religieuse, intérêt pour la littérature et amour de la poésie, méfiance envers l'argent «, telles était les idées des parents du Che. Souffrant de graves crises d'asthme, le jeune Guevara s'astreint à pratiquer intensivement des sports physiquement durs comme le rugby et l'escalade. Lecteur assidu (de Gandhi, Jack London, Freud et Rousseau notamment), Ernesto s'engage dans des études de médecine. Le goût du voyage et de la découverte, le désir de soulager les maladies également, le pousse, à 23 ans, avec un ami médecin (Alberto Granado) à parcourir pendant 8 mois le continent latino-américain. En 1953, son diplôme de médecin en poche, il repart sur les routes.

Le Che au temps de son périple en Amérique latine
Ces deux voyages lui font se confronter de manière brutale à l'immense misère qui frappe les peuples latino-américains, misère décrite de manière sans égale par E.Galéano dans les «Veines ouvertes de l'Amérique Latine». Dans un discours prononcé en 1960, Guevara reviendra sur cette étape importante de sa vie: « Les conditions dans lesquelles j'avais voyagé m'avaient fait entrer en contact étroit avec la misère, la faim et la maladie. Je me rendis compte que j'étais incapable, faute de moyens, de soigner les enfants malades et j'eus sous les yeux la dégradation provoquée par la sous-alimentation et la répression constante. Je pus ainsi réaliser qu'il y avait des choses tout aussi importantes dans la vie que de devenir un chercheur illustre ou de contribuer magnifiquement à la science médicale: et c'était d'aider ces gens."

Eduardo Galéano
Cette prise de conscience de la souffrance et de l'exploitation subies par les masses populaires, écrasées par de sanglantes dictatures, amène le Che à s'intéresser activement aux événements politiques. Arrivé au Guatemala en décembre 1953 (après avoir transité par la Bolivie où une révolution ouvrière avait battu l'armée de ce pays), il est pour la première fois directement confronté à l'impérialisme US. Le gouvernement du progressiste modéré Jacobo Arbenz initiait une série de réformes sociales dans ce pays. Des terres ont été redistribuées aux paysans, terres appartenant à l'United Fruit, firme américaine toute puissante. Cette dernière obtient l'appui du gouvernement américain qui autorisa la CIA à organiser un putsch pour renverser le gouvernement. Le 18 juin, des mercenaires armés et entraînés par la CIA envahissent le pays. Le fait que l'armée d'Arbenz se refusera à armer le peuple précipitera la chute de son gouvernement. Le Che, qui participera activement à la résistance contre le putsch, est contraint de se réfugier au Mexique. Dans sa brève présence au Guatemala, à travers sa compagne Hilda Gadea, militante communiste, il prend connaissance et adhère sans réserves aux idées de Marx, Engels et Lénine. De cette expérience guatémaltèque, il retient également que les voies légales et réformistes ne mènent nulle part: seule une révolution sociale radicale peut permettre de mettre fin définitivement à l'exploitation et à la misère, ainsi qu'à la domination impérialiste des USA. Ernesto Guevara était devenu un révolutionnaire. Sa réflexion le pousse également à comprendre qu'il fallait lutter collectivement et savoir mobiliser les masses pour réussir la révolution. Dans un discours prononcé en 1960, il se souviendra de ses réflexions tirées de son expérience guatémaltèque: « Je me suis rendu compte de quelque chose d'essentiel: c'est que pour être révolutionnaire, ce qu'il faut avant tout, c'est faire la révolution. L'effort isolé, l'effort individuel, la pureté des idéaux (...) tout cela ne sert à rien si on agit seul, solitaire (...).Pour faire la révolution, il faut (...) tout un peuple qui se mobilise (...) «. Ce peuple, Guevara allait le trouver à Cuba...

Jacobo ARBENZ
A suivre...
00:46 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire |
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