26.11.2008
Inacceptable !
Il existe quand même un journaliste qui a osé aller à l'encontre des propos populo-poujadistes des médias qui considèrent les grévistes comme autant de preneurs d'otages, comme des terroristes en somme: Marc Oschinsky dans Le Vif-L'Express du 7 novembre 2008. Un journal que l'on pourrait difficilement soupçonner de soutenir la gauche radicale !

MARC OSCHINSKY
LES OTAGES DE LA SEMAINE
"Nos clients ne peuvent pas être pris en otage par les grévistes" (Le porte-parole d'un groupe de distribution, réagissant aux piquets de grève qui bloquaient l'accès aux supermarchés.)
Bof... On a déjà été pris en otage par la N-VA: "Scindez BHV ou vous ne reverrez plus la Belgique vivante". Puis par les banques: " Donnez-nous des milliards d'euros ou vous ne reverrez plus vos économies". Et par les patrons: "Touchez pas à nos parachutes dorés ou, quand on vous virera, vous n'aurez plus un centime". Alors, franchement, se faire traiter d'Ingrid Betancourt du Maxi GB, on n'est plus à ça près." (Fin de citation)
C'est dit avec humour, mais il n'empêche qu'il souligne un problème gravissime: les attaques systématiques contre le droit de faire grève.
Le patronat n'a qu'un rêve: reconquérir la puissance qu'il avait au 19ème s. avant les conquêtes sociales. Cela crève les yeux. Mais pas de tout le monde apparemment.
Les partis autoproclamés "de gauche", dont je ne citerai pas le nom mais que vous avez tous en tête, se taisent dans toutes les langues. Or qui ne dit mot consent !
Les syndicats au-delà des discours modérément outrés acceptent, sans rechigner d'être mis à l'ordre par des huissiers ! Au nom du droit au travail ! Sans blague ? Ou alors, faut rester cohérent. Si un jour, on peut rêver, ces syndicats-là parviennent encore à conquérir quelque chose ou même à préserver un avantage "acquis", seuls celles et ceux qui ont participé à la grève devraient en bénéficier ! Vous allez entendre gueuler les manches à balle !
A la limite, je me demande, mais ce n'est qu'une supposition, si cet état de chose n'arrangent pas ces "représentants des travailleurs". En effet, j'ai l'impression qu'ils ont une peur bleue (si j'ose écrire) de se faire déborder par leur base. Dès lors, au lieu d'organiser la colère des travailleurs, ils la canalisent. L'aide de l'institution judiciaire leur vient bien à point: ils se cachent derrière.
Enfin quoi ? Il est question de geler des salaires du secteur privé pendant deux ans et pas un souffle de contestation ! Dans le même temps, la presse titre à la une l'augmentation de la dotation royale de 6% et c'est tout juste si on n'applaudit pas ! Le porte-parole de Philips annonce un millier de licenciements pour, je cite, "maintenir le niveau des profits" et cette déclaration est acueillie dans l'indifférence générale. La loi sur les parachutes dorés, dèjà plus que timide, a plus que du plomb dans l'aile et on n'entend que le silence.
Résumons: tout ce qu'ils sont capables de faire c'est de l'agitation inutile et d'encaisser nos cotisations. J'appelle cela de l'abus de confiance !

22:14 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luttes, syndicat |
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