22/01/2009

Pour une gauche unitaire, diverse et de combat.


Date de lancement de la pétition : lundi 19 janvier 2009


Nous, citoyens de gauche, militants politiques, syndicaux et associatifs lançons un appel aux organisations de la Gauche de gauche |1| afin qu’elles surmontent les divergences qui les séparent. Celles-ci sont totalement inconnues des citoyens et ont peu de poids face à l’ennemi commun : le capitalisme !


Les organisations de Gauche doivent construire une alternative électorale forte pour stopper les crises et les turbulences libérales, qui réduisent à néant les conquêtes sociales et démocratiques des travailleurs et de leurs familles tout en mettant en péril la vie des générations futures sur cette planète. Plusieurs décennies de productivisme, de libéralisation des marchés, de privatisation des services publics, de restructurations et de suppressions d’emplois massives, de modération salariale, de démantèlement des systèmes de protection sociale, de modifications de la fiscalité favorisant les plus riches, de dérives racistes et sécuritaires, ont produit leurs effets dévastateurs :


— Aujourd’hui, les profits explosent mais les inégalités ne cessent de s’accroître.


— Aujourd’hui, l’opulence de quelques-uns côtoie la précarité de beaucoup d’autres.


— Aujourd’hui, la concurrence « non faussée » déchaîne le sauve-qui-peut et le chacun pour soi.


— Aujourd’hui, au nom de la logique aveugle du profit ; une crise climatique et alimentaire menace des millions de personnes sur la planète.
« Une Autre Politique Est Possible, Une Autre Gauche Est Nécessaire » :


On a besoin d’une Gauche de gauche qui donne au citoyen une part active dans la démocratie. Une gauche qui pose la question de la consultation populaire face aux ratifications du projet de « traité constitutionnel européen » et du Traité de Lisbonne. Il y avait là une opportunité pour organiser un vaste débat concernant la construction européenne. L’occasion était belle d’adopter une position de refus claire et argumentée d’un projet organisé autour d’un principe unique : le marché. Et surtout de faire des propositions réelles sur le(s) modèle(s) de société dans lequel nous voulons vivre. Las, le PS et Ecolo en ont décidé autrement. Ils ont avalisé ce texte pernicieux…


En agissant de la sorte, ils ont entériné une vision ultralibérale de l’économie et de l’avenir de l’Europe, porté un sale coup aux droits sociaux fondamentaux et aux services publics, mis le pied sur le frein des nécessaires réformes en faveur de l’environnement, opté pour une vision guerrière des relations internationales en soumettant l’Europe à l’OTAN, refusé l’égalité des droits pour ceux et celles qui résident en Europe sans posséder la nationalité d’un Etat membre.


Il en fut de même lors de l’élaboration du (pseudo-)« pacte des générations », véritable plan de régression sociale, dicté par la stratégie de Lisbonne de l’Union européenne, et soutenu activement par le patronat. Les mesures visent notamment à forcer les salariés âgés à travailler plus longtemps alors qu’il y a plus de 25% de jeunes qui cherchent de l’emploi.


Il met sous pression les travailleurs licenciés suite à des restructurations, vise à réduire encore et toujours les cotisations payées par les employeurs (= salaire différé perçu au travers des allocations familiales, de chômage, de pensions ou des remboursements de soins de santé), à repousser à plus tard le refinancement structurel de la Sécurité Sociale. Et on ne trouve aucune proposition crédible pour résoudre le problème du chômage de masse qui va empirer dans quelques mois !


Le silence et le désintérêt gouvernemental pour les revendications portées par les organisations syndicales face à l’explosion du coût de la vie montre qu’il faut une force politique qui se fasse le relais de ces justes revendications.


A contrario, le monde patronal et financier se voit gratifier sans cesse de mesures en sa faveur (intérêts notionnels, accumulation des réductions de cotisation sociale ou d’impôts, , renflouement spectaculaire des banques, etc.)


Cerise sur le gâteau empoisonné de la gestion du mode de production capitaliste, c’est à nouveau aux travailleurs et aux allocataires sociaux, ainsi qu’à leur famille, que l’on présentera la facture finale de l’actuelle crise financière et économique. Après les menaces sur les petits épargnants et petits propriétaires de placement, on voit de plus en plus d’emplois menacés au mieux de chômage économique, au pire de licenciements (quand ceux-ci ne sont pas déjà effectifs comme dans le secteur de l’automobile par exemple).


On constate le même désintérêt gouvernemental pour le signal d’alarme porté par le GIEC et de nombreuses associations quant à la situation de notre environnement : explosion des émissions de CO2 (notamment liées au transport suite aux délocalisations économiques vers les pays à bas salaire, faible protection sociale et d’où sont absentes de vraies législations environnementales), perte extrême de biodiversité, pollutions des sols et des nappes phréatiques, pollutions électromagnétiques…. La liste est sans fin et les plus précaires sont et seront les premières victimes de cette crise écologique majeure due à la boulimie du système capitaliste, qui ne met pas en œuvre la moindre reconversion vers des industries durables à même de préserver demain l’emploi d’aujourd’hui dont dépendent des milliers de familles.


La publicité colonise l’espace public réduisant le citoyen au rang de consommateur.


La répartition des richesses est de plus en plus inégale et les citoyens sont appelés à s’endetter toujours davantage.


Il est grand temps de rompre avec ces pratiques qui nous conduisent dans une voie sans issue, et qui risquent d’être du pain béni pour les partis d’extrême droite.


Nous avons besoin d’une gauche de gauche car le mélange de discrets renoncements et de bruyantes capitulations du PS et d’Ecolo, nous mènent toujours plus loin dans l’impasse sociale et écologique.


Nous avons besoin d’une démarche unitaire car les différents groupes qui entendent incarner l’alternative à cette impasse risquent à nouveau de se présenter à nous en ordre dispersé, réduisant le vote réellement de gauche à la marginalité, détournant les autres vers le repli du vote « utile ». La crise actuelle accroît la part de responsabilité de chacun dans l’élaboration d’une réponse concertée.


Une autre gauche est possible et nécessaire, une gauche antilibérale et anticapitaliste, porteuse d’un projet véritablement éco-socialiste qui rompe avec les logiques fermées d’appareil, le réformisme sans réformes, la routine co-gestionnaire du social-libéralisme. Une gauche qui remette au premier plan la lutte pour un emploi et un revenu décent pour chacun et chacune. Une gauche qui milite résolument en faveur d’une réduction du temps de travail, sans perte de revenu, avec des embauches compensatoires.


Une gauche qui prône une juste répartition des richesses, une augmentation de la qualité de la vie, une fiscalité redistributrice.


Une gauche qui n’oublie pas le combat pour l’égalité des droits des femmes.


Une gauche qui se dresse contre le racisme et exige le droit de vote et d’éligibilité à tous les niveaux pour tous et toutes, quelle que soit la couleur de sa peau, quelles que soient ses origines. Une gauche qui rejette les principes de l’Europe forteresse et exige la régularisation immédiate des sans-papiers.


Une gauche intransigeante en matière de défense des droits et libertés démocratiques. Une gauche qui refuse les tentatives de criminalisation des mouvements sociaux, et le délire sécuritaire de plus en plus présent.


Une gauche qui œuvre de manière cohérente à l’émergence d’une autre Europe dans un autre monde.Une gauche qui combatte résolument contre la soumission des relations internationales de l’Europe à l’OTAN et aux USA, contre l’occupation militaire de l’Irak et le renforcement des actions en Afghanistan, en faveur de sanctions économiques vis-à-vis de L’Etat d’Israël afin d’aboutir à une paix juste en Palestine


Une gauche qui se préoccupe résolument et du changement climatique et de la sauvegarde de l’environnement, sans laquelle il ne saurait y avoir, tout simplement, d’avenir pour l’humanité.


Une gauche qui fait du service public (enseignement, transport, énergie, accès à l’eau,…) un acteur central du fonctionnement de la démocratie et de la nécessaire révolution écologique, qui prône la relocalisation économique sans négliger la solidarité avec le Sud.


Une gauche qui s’intéresse aux modes de production ainsi qu’au sens et à l’utilité des productions comme à la répartition des richesses, qui s’attaque mythe productiviste de la croissance sans fin. Une gauche qui y oppose l’idée d’une croissance de la qualité de la vie de toutes et tous.


Nous invitons tous ceux et toutes celles qui ne veulent pas se résigner au chaos actuel, qui refusent de s’incliner devant la prétendue fatalité de la crise, qui excluent d’observer sans réagir la montée des populismes et de la « peste brune », qui veulent se regrouper pour commencer à construire une alternative transformatrice de la société. Nous invitons tous ceux et toutes celles qui estiment nécessaire l’émergence d’une Gauche de gauche qui porte électoralement de façon unitaire ces revendications, à joindre leurs signatures aux nôtres.


|1| P. Durand, « Cessons de dire gauche de la Gauche »


SIGNEZ

http://petitions.agora.eu.org/gauchedegauche/index.html

00:13 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gauche |  Facebook |

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