04/08/2009

Le cauchemar de Darwin


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On sait les dérives auxquelles a donné lieu la théorie de l’évolution de Darwin dans le domaine des relations entre humains : ce qu’on a appelé le darwinisme social a consisté dans l’apologie de la concurrence la plus effrénée, selon la loi la plus brute du : "Que le plus fort l’emporte, c’est celui qui s’adapte le mieux - et cela représente toujours un gain évolutif."



Charles DARWIN


Avec de telles idées, on aboutit au biologisme nazi - on sait aujourd’hui à quel point les "penseurs" de ce mouvement avaient été façonnés par le darwinisme social. Pourtant, il ne saurait être question de remettre en cause le cadre général de la théorie de l’évolution, globalement vraie. La question est plutôt : qu’arrive-t-il lorsque l’homme intervient dans la nature et crée des confrontations totalement artificielles entre les espèces ? Et subsidiairement (mais c’est peut-être le plus important), peut-on exporter à l’humanité les lois de l’évolution naturelle, ou bien l’homme se singularise-t-il précisément, par le biais d’une éthique fondée sur une saisie métaphysique du monde, en ceci que, par sa capacité de réflexion, il peut créer un univers où la solidarité et le respect mutuels s’imposent comme des valeurs de base essentielles ? Ce qui pourrait n’être qu’une querelle d’école, voici qu’un film/documentaire - Le Cauchemar de Darwin - nous l’impose par ce qui est le propre du cinéma : la force de percussion des images, qui atteint parfois ici aux limites du soutenable. En quoi, sans doute, le septième art est inégalable, par le sentiment d’évidence qu’il fait surgir en nous et, devant certaines situations, l’horreur comme instinctive qu’il fait monter dans nos coeurs.


Hubert Sauper


Hubert Sauper


À partir d’une anecdote qui pourrait être banale (l’introduction de la perche du Nil, un poisson prédateur, mais à la chair appréciée, dans les eaux du lac Victoria), Le Cauchemar de Darwin ne nous montre pas seulement les désastres écologiques dont nous sommes responsables, mais aussi comment certains s’emparent de ces désastres, dans une logique de profit et de pouvoir, pour attenter sans frein à l’harmonie de la nature et aux liens qui l’unissent à l’homme. Hubert Sauper, le réalisateur, se veut le plus objectif possible, quoiqu’on sente bien l’indignation qui le meut. La leçon n’en est que plus terrible : disparition des espèces, mise en esclavage, satisfaction béate de ceux qui tirent avantage de cette situation, tout nous est donné en vrac de ce que l’homme peut faire de pire, et de cette zone de ténèbres qui habite son coeur.


Cauchemar de Darwin


Le Cauchemar de Darwin nous met en face de la question la plus urgente : au-delà des processus de sélection, la tâche de l’homme n’est-elle pas de sortir de l’état de nature pour sauver la nature - comme si nous marquions une rupture, et que seule une attitude spirituelle délibérée pouvait transcender cette ombre épaisse qui nous colle à la peau ?


Michel Cazenave


Cazenave Michel


Michel Cazenave

23:51 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sauvez la planete |  Facebook |

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