24/09/2009

Encore Total et Exxon !


Univers Nature


Le déversement de près de 4000 m3 de pétrole brut le 7 août dernier dans la réserve naturelle de Coussouls de Crau, située dans les Bouches-du-Rhône, fut un coup dur pour cet écosystème fragile et précieux. Cette pollution est survenue suite à la rupture d’un oléoduc géré par la Société du Pipeline Sud Européen (SPSE) (1), dont les groupes Total et Exxon sont les actionnaires majoritaires. Après le pompage immédiat de la nappe de pétrole, dès la détection du déversement, des travaux de dépollution de plus longue haleine ont été engagés. Dans cette zone, la canalisation, d’un mètre de diamètre, est enfouie à 80 cm de profondeur.


Coussouls de Crau


Cette réserve naturelle nationale a été créée en 2001, elle s’étend sur une superficie d’environ 7 500 hectares et fait partie du réseau Natura 2000. Riche en biodiversité, elle comprend notamment un écosystème de « steppe rase », qui est unique en Europe. Il est à préciser que la mise en place de l’oléoduc est bien antérieure à la création de la réserve.


FRANCE-PETROLE-FUITE-3-20090807


Mais si, en théorie, ces interventions sont bénéfiques, elles ne sont pas toujours si salutaires une fois mises en pratique. En effet, les associations environnementales, dont FNE (2), s’inquiètent de la tournure que prend ce chantier de dépollution. Dérogeant au protocole de dépollution « tel que défini avec les services de l’Etat », SPSE semble plus soucieuse de remettre en état de marche le pipeline endommagé que d’endiguer les multiples conséquences environnementales de cette fuite. Désordonnée, la circulation d’environ 1600 camions équipés de tracto-pelles, visant à retirer une couche de 40 cm sur les cinq hectares touchés, s’avère tout aussi nuisible à la faune et à la flore ambiantes. Sur plus de 13 hectares de milieu protégé, végétaux et animaux sont ainsi victimes des machines. Si la société incriminée contredit la désorganisation des véhicules réquisitionnés, elle admet en revanche : « Force est de constater, que la mise en route a été compliquée et que toutes les dispositions évoquées dans le protocole n’ont pas été respectées, les premiers jours, dans leur intégralité malgré les nombreux rappels auprès des sociétés que nous utilisons ». En outre, d’après FNE, SPSE aurait effectué des sondages du sol dans la réserve et sur le site Natura 2000 sans procéder à des évaluations d’incidences préalables. L’un de ces sondages a, d’ailleurs, fait l’objet d’un procès-verbal. 


flore steppique


Flore steppique


Point plus inquiétant encore, des prélèvements effectués autour du site afin de contrôler l’état de la nappe phréatique ont révélé la trace d’hydrocarbures. Toutefois, pour SPSE, il ne s’agirait pas d’une « pollution avérée », la société ayant déclaré à la suite de ces observations : « A noter qu’un protocole de traitement de la nappe phréatique est en cours de validation qui pourrait être mis en œuvre en cas de pollution avérée ». 


Revendiquant une totale transparence quant à l’évolution de cette entreprise de dépollution, notamment via un bulletin régulier publié sur le site Internet de la société, SPSE aurait néanmoins refusé l’accès au site aux journalistes si l’on en croit FNE. Une transparence somme toute très sélective, donc. 


(1) 1- La Société du Pipeline Sud Européen (SPSE) assure l'approvisionnement des raffineries et d'une plate-forme pétrochimique sur l'axe Fos-Karlsruhe (769 km) réparties sur 3 pays (France-Suisse-Allemagne). Le transport actuel, de l'ordre de 23 millions de tonnes par an, représente plus de 30 % du transport de pétrole brut par pipeline en Europe.


Michel Sage & Cécile Cassier


Libérons-nous du pétrole : MAINTENANT !

00:56 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sauvez la planete |  Facebook |

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