30/09/2009

A l'attention des citoyen(ne)s qui se faisaient des illusions sur Obama


UAG


Le 19 Août 2009, Paul-Emile Dupret prend un vol direct de Paris-Mexico d'Air France pour assister pour son groupe parlementaire à une réunion du Forum de Sao Paolo. Paul-Emile Dupret (juriste, défenseur des droits de l'homme, et altermondialiste engagé) travaille comme conseiller au groupe de la Gauche (GUE/NGL) du Parlement européen, sur les questions de commerce international. Au milieu de l'Atlantique, une hôtesse vient lui expliquer au nom du capitaine, qu'à cause de sa présence à bord les Américains refusent le survol des Etats-Unis, et que l'avion devra dès lors piquer vers le sud afin d'éviter la Floride et le golfe du Mexique. Six mois plus tôt M. Hernando Calvo, un journaliste colombien avait connu la même mésaventure. Quel est le lien entre ces deux personnes ? Tous deux se sont opposés à la loi extraterritoriales Helms-Burton qui pénalise Cuba ; tous deux ont écrit dans le Monde diplomatique ; tous deux ont critiqué le Plan Colombia, le gouvernement Uribe et les exactions des groupes paramilitaires ; tous deux ont critiqué les abus d'entreprises américaines telles que Coca-Cola ou Monsanto ; tous deux ont largement exprimé leur soutien aux pays tels que le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur qui s'émancipent du joug américain et européen... Il s'agit de toute évidence de d'utilisation des lois anti-terroristes pour brider les droits civils, pour punir des "délit d'opinion".


Dupret Paul-Emile


Paul-Emile DUPRET


A l'Ouest, rien de nouveau.

14:19 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme |  Facebook |

29/09/2009

Une pandémie de profits ?


UAG


- Un million de personnes* par an meurent dans le monde de la malaria, qui pourrait être prévenue avec un simple moustiquaire. Les journaux n’en parlent pas!
- Deux millions d’enfants par an meurent dans le monde de la diahrrée, alors que l’on pourrait l'éviter avec un banal sérum pour 0,25 € la dose. Les journaux n’en parlent pas!
- Dix millions de personnes meurent, par an, de la rougeole, de pneumonies et d'autres affections, que l’on pourrait guérir avec de simples vaccins,les journaux n’en parlent pas!
Mais il y a de cela 10 ans, quand la fameuse grippe aviaire est apparue, les journaux mondiaux nous ont inondé d’informations à ce sujet.
Une épidémie, la plus dangereuse de toutes... Une PANDEMIE !
On ne nous parlait que de la terrifiante maladie des volatiles, et pourtant, la grippe aviaire a causé la mort de quelques 250 personnes en 10 ans... 25 morts par an.
La grippe commune, tue un demi million de personnes par an, dans le monde, un demi million contre 25 !


Grippe aviaire (02)


Un moment... Un moment s’il vous plaît ! Alors, pourquoi un tel remue ménage, un scandale autour de la grippe aviaire? Parce que derrière les poulets il y avait un "Coq", un coq à grande crête, l’entreprise pharmaceutique internationale ROCHE avec son fameux TAMIFLU vendu à des millions de doses aux pays asiatiques. Bien que l’efficacité du Tamiflu soit douteuse, le gouvernement britannique en a acheté pour 14 millions de doses pour protéger sa population.
Grâce à la grippe aviaire, ROCHE et RELENZA, les deux des plus grosses entreprises pharmaceutiques qui vendent les antiviraux, ont obtenus des millions de dollars de bénéfices. Alors, hier avec les oiseaux et maintenant avec les porcs ?
Eh oui! Maintenant commence la psychose de la grippe porcine. Et tous les médias du monde ne parlent que de çà, et je me demande si derrière les cochons il y a un "Coq"...


H1N1


Ou plutôt un "Gros Porc"?
L’entreprise nord-américaine Gilead Sciences détient le brevet du Tamiflu. Le principal actionnaire de cette entreprise n’est autre que le sinistre Donald Rumsfeld , secrétaire d’état à la défense de Georges Bush, l’artisan de la guerre contre l’Iraq...
Les actionnaires des entreprises pharmaceutiques ROCHE et RELENZA doivent se frotter les mains, ils doivent être heureux avec les millions de nouvelles ventes du Tamiflu. La véritable pandémie est celle de l’argent, les énormes bénéfices de ces mercenaires de la santé.
Nous ne nions pas les précautions nécessaires qui sont en train d’être prises par tous les pays du globe, mais la grippe porcine est-elle une pandémie aussi terrible que l’annonce les médias ?


H1N1 (02)


Si l’OMS se préoccupe tant de cette maladie, pourquoi ne déclare-t-on pas cette pandémie comme un problème mondial de santé publique. Pourquoi ne pas autoriser la fabrication de médicaments génériques pour la combattre ?
Se passer momentanément des brevets des entreprises ROCHE et RELENZA et distribuer les médicaments génériques gratuitement à tous les pays, et plus particulièrement aux pays les plus pauvres. Ne serait-ce pas la meilleure solution, ou alors c'est une farce et aucune menace réelle ne pèse sur le genre humain !
Avez- vous remarqué que malgré le très grand risque lié à la prolifération de cette maladie, aucune précaution n'est prise à l'égard des destinations à risques? Aucun média ne se fait le relais de la prévention ni ne met sérieusement les gens en garde comme le voudrait le bon sens.
Demande-t-on aux gens d'éviter de se rendre aux Etats-Unis? Non!
Que fait-on concrètement pour enrayer le risque de s'engager dans une pandémie? Rien!
Pourquoi? On est inscrit dans un contexte de crise financière ayant entraîné une crise économique, une des plus graves que l'on ai connu.Pour détourner l'attention du peuple et sa méfiance, relancer l'économie "florissante" et ultralibérale avec les mêmes personnes qu'avant, il faut une situation de crise visant les personnes dans leur intégrité physique.
On sait tous qu'en temps de crise, les gens se jettent sur les magasins pour faire des stocks de tout et de rien, la preuve, certains font déjà des listes de survie en vue de la pandémie.
On a vu ça avec les différentes guerres au 20ème siècle, les gens vont naturellement acheter plus et font des réserves.
Une guerre mondiale ne pouvant être déclarée rien de tel qu'une bonne pandémie!


Cristina Gay


Crise financière

13:24 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : capitalisme |  Facebook |

28/09/2009

Le cauchemar américain


Courrier international


New-York Times


Les Noirs, premières victimes de la récession


Une partie de l’Amérique blanche se dit lésée par la politique d’Obama. Mais, comme le rappelle l’essayiste Barbara Ehrenreich, le chômage et les saisies immobilières touchent en priorité les Africains-Américains.
Qu’obtient-on quand on conjugue la pire crise économique depuis la Grande Dépression et le premier président noir ? Une montée du ressentiment des Blancs à l’égard des Noirs, vaguement camouflée en révolte populaire. Un article publié sur le site Internet de la chaîne de télévision Fox News a lancé la théorie selon laquelle la réforme du système de santé serait une tentative dissimulée d’octroyer des réparations pour l’esclavage : les Blancs paieront l’addition, et, en vertu d’un mécanisme occulte, les Noirs bénéficieront de tous les soins. Dans ce genre de fantasme, le président Obama est un dictateur, et une pancarte qui circule dans les milieux des tea parties* anti-impôts et anti-réforme du système de santé le représente en sorcier africain avec un os dans le nez et des plumes sur la tête. Quand on voit son quotidien empirer – comme les classes moyennes blanches en font l’expérience depuis plusieurs années –, il n’est que trop tentant de se dire que c’est parce que quelqu’un vous marche sur les pieds.


Obamacare


Pourtant, les Blancs ont beau éprouver du ressentiment, ce sont les Noirs qui sont le plus durement touchés par la récession ; ils connaissent un taux de chômage et de saisies immobilières disproportionné. Et ils n’étaient déjà pas particulièrement bien lotis au départ. Au début de la récession, 33 % de la classe moyenne noire était menacée de déclassement, selon une étude de l’université Brandeis et du centre de recherche indépendant Demos. De fait, on pourrait même dire que les Noirs ont déjà vécu leur récession. C’était entre 2000 et 2007, période durant laquelle leur taux d’emploi a diminué de 2,4 % et leurs revenus de 2,9 %. Durant ces sept années, un tiers des enfants noirs vivaient au-dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage des Noirs était près de deux fois supérieur à celui des Blancs, même chez les diplômés du supérieur. C’était la récession des Noirs. Ce que nous vivons actuellement ressemble davantage à une dépression. Nauvata et James, un couple d’Africains-Américains d’âge moyen résidant dans le Maryland (ils ont demandé à ce que leur nom de famille ne soit pas mentionné), ne s’étaient pas encore remis de la première crise quand la deuxième a frappé. En 2003, Nauvata a perdu son travail d’employée administrative payé 25 dollars l’heure chez l’assureur santé Aetna et s’est retrouvée en 2007 à gagner 10,50 dollars l’heure chez un loueur de voitures. James a conservé son travail d’agent de maintenance, mais le couple ne gagnait pas assez pour prétendre à autre chose qu’à des prêts dits “prédateurs”. Ils ont acheté à crédit des meubles de salle à manger pour un montant de 524 dollars [358 euros] et étaient encore en train de rembourser les traites au magasin Levitz quand celui-ci a mis la clé sous la porte et que le montant de leur dette, rachetée par plusieurs créanciers successifs, s’est mis à augmenter sans raison apparente. Au final, le couple aura dépensé 3 800 dollars [2 600 euros] pour se défaire de cette dette et pour engager un avocat afin de revoir leurs conditions de crédit. Pour ce faire, ils ont dû renégocier leur emprunt hypothécaire auprès de plusieurs organismes. Aujourd’hui, ils sont menacés de saisie.


subprime


Un grand nombre de Blancs issus des classes moyennes ou populaires ont suivi le même parcours : un licenciement ou une réduction du temps de travail, puis le piège des crédits, des dettes toujours plus importantes et enfin la saisie immobilière. Mais les Noirs frappés par la crise ont un handicap supplémentaire. Longtemps discriminés à l’emploi ou pour l’attribution de prêts, ils sont moins susceptibles que les Blancs d’avoir des proches fortunés ou des comptes en banque bien garnis pour les aider en cas de coup dur. En 2008, seuls 18 % des Noirs et des Latinos possédaient un compte épargne retraite, contre 43,4 % des Blancs.


Les africains-américains piégés par la pensée positive


Dans American Casino, un nouveau documentaire sur la crise des subprimes, des Noirs jouissant d’une bonne situation – un professeur de lycée, un psychothérapeute, un pasteur – racontent qu’ils ont perdu leur maison après avoir vu exploser les mensualités de leur crédit. Les gens ne parlent pas volontiers de leurs déboires avec leurs emprunts. Ils se sentent humiliés et ont l’impression d’avoir été le jouet de forces mystérieuses et lointaines. “Je ne suis vraiment pas fier de moi”, reconnaît le professeur dans American Casino. Même ceux qui s’y connaissent un peu ont tendance à s’en vouloir. C’est le cas de Melonie Griffiths, 40 ans, qui conseille désormais les ménages pour leur éviter la saisie et l’expulsion au sein de l’association City Life/La Vida Urbana de Boston. Melonie s’en veut d’avoir eu la “naïveté” de faire confiance à l’organisme de crédit qui lui avait dit, en 2004, de ne pas s’inquiéter du montant élevé de ses mensualités car son emprunt allait être renégocié “d’ici deux ou trois mois”. Le prêteur a alors disparu, et Melonie Griffiths s’est fait exproprier. Quand elle s’est enfin décidée à raconter ses déboires, elle a découvert qu’elle n’était pas la seule dans son cas. “C’est une histoire très courante par ici”, explique-t-elle.


Melonie_Griffith


Melonie Griffiths


Les établissements de crédit immobilier comme Countrywide ou Wells Fargo se sont mis à cibler les acquéreurs issus des minorités pour la simple et bonne raison que, pendant des décennies, les Noirs s’étaient vu refuser des prêts par préjugé racial et qu’ils constituaient donc un marché tout trouvé pour les emprunts hypothécaires à taux extravagants du milieu des années 2000. Countrywide, qui se targuait d’être l’usine à rêve des défavorisés, diffusait des publicités montrant des femmes noires futées persuadant leurs maris de signer des contrats de prêt. S’il y a un facteur culturel qui prédispose les Noirs à se faire avoir par les prêts risqués, il est largement partagé par l’ensemble de la population américaine : c’est le penchant pour la “pensée positive” et l’optimisme injustifié, qui prend la forme théologique de “l’évangile de la prospérité”. Joel Osteen, pasteur blanc d’une méga-église qui attire 40 000 fidèles tous les dimanches, dont deux tiers de Noirs et de Latinos, aime raconter comment il a succombé lui-même aux appels de Dieu – transmis par sa femme – pour déménager dans une maison plus grande. Selon Jonathan Walton, professeur de théologie à l’université de Californie à Riverside, des pasteurs comme Osteen ont rassuré les gens en les amenant à raisonner de la sorte : “Dieu a voulu que la banque ne tienne pas compte de ma solvabilité et me permette d’accéder à la propriété.” Si les Noirs ont commis une erreur collective au milieu des années 2000, cela a été d’embrasser la culture blanche avec trop d’enthousiasme et d’abandonner l’action collective prônée par Martin Luther King au profit de l’accomplissement personnel défendu par [le pasteur et psychologue] Norman Vincent Peale. Mais il n’était même pas nécessaire de souscrire un emprunt douteux pour être balayé par la crise du crédit, puis par la récession. Le taux de chômage atteint aujourd’hui 15,1 % chez les Noirs, contre 8,9 % chez les Blancs. D’ici à 2010, estime Lawrence Mishel, président de l’Economic Policy Institute, 40 % des Noirs auront connu des périodes de chômage ou de sous-emploi.


Evangile de la prospérité


La crise alimente le ressentiment des blancs


Résultat : les Noirs sont frappés par une seconde vague de saisies immobilières liée à la perte de leur emploi. Willett Thomas, une femme de 47 ans qui habite Washington, nous raconte qu’il y a encore un an elle pensait qu’elle “[avait] trouvé le moyen de réaliser [son] rêve”. Elle avait un travail, était propriétaire de sa maison et possédait également un bien immobilier en location à Gainesville, en Floride, ce qui lui donnait la souplesse de se consacrer à mi-temps à sa carrière d’écrivain. Puis elle est tombée malade, a perdu son emploi et a commencé à accumuler les re tards dans les remboursements de son emprunt hypothécaire. Ses locataires de Floride ont eux aussi rencontré des problèmes financiers et ont cessé de payer leur loyer. Aujourd’hui, Mme Thomas décroche un entretien par semaine et met régulièrement son CV à jour, mais elle ne parvient pas à trouver du travail. Sa résidence principale a été saisie.


Même si, à droite, beaucoup ont la sensation que les Noirs ont raflé des avantages, ces derniers sortiront de cette récession encore plus défavorisés économiquement qu’ils ne l’étaient auparavant. Un président noir enclin au consensus osera-t-il s’attaquer au problème de la destruction de la classe moyenne noire ? Sans doute pas. Mais, si les Américains de toutes origines ne constatent pas très vite une amélioration de leur situation, leurs souffrances ne feront qu’augmenter et alimenter chez les Blancs un ressentiment infondé.


Barbara Ehrenreich, Dedrick Muhammad


* Manifestations organisées par le mouvement Tea Party, un groupe de contribuables de droite qui s’est créé en février 2009, après le vote par le Sénat du plan de relance. Son nom vient de la Boston Tea Party de 1773, qui a marqué le début du soulèvement des treize colonies américaines contre la tutelle de Londres.


American nightmare

21:36 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : capitalisme |  Facebook |

Face à la crise, le projet alternatif de la gauche est dans l'audace !


respublica.jpg


Oui, il est possible de le dire : la crise a bon dos ! Elle est le prétexte à tout. Et en cette rentrée, il est même possible de dire qu’elle est opportune tant les décisions et les directions poursuivies par les tenants du néolibéralisme n’ont pas bougé d’un iota !


La casse des services public se poursuit donc et après EDF, GDF, France Télécom, La Poste se profile à son tour dans le collimateur. Le passage en Société Anonyme cotée en bourse est le premier pas vers ce que « les privatiseurs » nomment pudiquement « l’ouverture de capital » ; entendons par là une simple passation de pouvoir et l’irruption de la nécessité de faire des bénéfices pour des actionnaires rentiers. Comment en effet ne pas vouloir se partager ce gâteau, comment ne pas vouloir le rendre « efficace », c’est à dire concrètement « rentable » en terme d’argent (c’est à dire capable d’assurer une rente financière).Logique du don et du lien contre logique de rente et de pillage


Toute la logique du productivisme se retrouve dans la privatisation, et c’est à travers elle l’affrontement de deux blocs.


Marchandisation


Pour l’un, le service public est une manière de tisser du lien social, de créer du patrimoine commun.communauté de destin au sein du Pacte Républicain tel que des penseurs comme Épicure et plus tard Rousseau ont pu nous le proposer. Pour ce bloc, le service public est l’occasion d’une dépense, d’un don, d’une ouverture vers le futur et vers le mieux être (bien entendu, à condition que le service public soit géré en ce sens, et non pas comme une firme privée, ce qui est hélas le cas de La Poste depuis des années… ).


poste -privatisation


Pour l’autre camp, le paradigme bourgeois comprend la totalité du réel. Ce paradigme, l’économisme, n’est rien d’autre que l’impossibilité de concevoir le monde autrement qu’en terme de production, de rapport au travail, de gain d’argent, d’exploitation du monde vivant. Il s’agit donc de rationaliser en termes économiques : c’est à dire en terme de gain d’argent qui est alors le but, la finalité, l’objectif éthique de cette politique, nommée néolibérale. La dépense ne se conçoit que dans l’objectif éthique du gain d’argent, rien d’autre. Une telle conception de la dépense est la signature d’une névrose.
Car de fait, l’économisme dirige bien plus que la seule sphère économique, il est le fondement d’une culture et d’une éthique de vie dont l’activité économique, mais également le rapport à autrui, les conceptions du monde, du corps, du travail, du temps, et même les arts ou les sciences ne sont que des mises en pratique concrètes de son orientation profonde, de sa conception du monde et de l’existence. Dans le paradigme bourgeois, tout, absolument tout, ne peut être pensé en termes autres que de rentabilité, de gain d’argent, de possession, de production, de travail…


Autre monde


Névrose caractérisée, le paradigme bourgeois s’entête dans sa logique propre et la crise actuelle crispe ses défenseurs et les renferme sur eux-même. La Poste, l’hôpital sont aujourd’hui ses cibles. Mais à cela il convient d’ajouter les prises de position de Laurence Pariso qui, à l’université d’été du MEDEF, appelle à « être moderne en terme de retraite » en précisant que, déjà partout en Europe, la capitalisation est une réalité, et qu’il convient de suivre cela comme un exemple ! (à ce compte personne n’aurait jamais été le premier à prendre position contre l’esclavage… ).


service_public


Être gros, pour être encore plus gros. Posséder pour posséder davantage. Produire pour produire davantage. Accumuler pour accumuler davantage. Travailler pour travailler davantage. Telle est la logique du paradigme bourgeois qui construit une société à sa mesure. L’économisme est une plaie de l’Humanité. Il borne l’horizon des individus à des finalités veines et fait payer sa logique dévastatrice à des millions d’êtres humains (qu’il pense en esclaves), et même à l’écosystème tout entier.


senior.au.travail


La crise actuelle est celle d’un système qui s’autodévore


Car il est idiot de croire que la crise ne profite à personne. Nous sommes dans une crise de l’endettement, qui, faute de répartition des richesses, faute de réduction du travail, faute de rompre avec l’exploitation illimitée du monde vivant, se retrouve dans une situation où des millions de personnes sont transformés en individus producteurs-consommateurs pour simplement soutenir la machine de l’ère industrielle : produire, gagner. Mais cette machine produit de l’inégalité (toutes les sociétés basées sur la rente et le taux d’intérêt en produisent… ), et cette inégalité, qui ne peut que croître dans un système rentier, finit par endetter des millions de personnes alors que seuls quelques uns possèdent la quasi totalité de l’argent (par quasi totalité, il faut comprendre qu’ils ne possèdent que des chiffres dans les ordinateurs des banques). La logique de « drainage » qui est celle du paradigme bourgeois conduit les états à s’endetter pour compenser leurs dépenses. Mais auprès de qui empruntent-ils ? Auprès de ceux qui ont déjà drainé la totalité des gains, car seuls ceux-là ont des fonds ! Et de fait, l’endettement des individus produit l’endettement des états, qui endettent encore les individus en tant que citoyens.
Dans cette logique, le sursaut actuel des bourses n’est dû qu’aux prêts des états consentis pour sauver les banques, et en réalité il n’y a ni rebond, ni de changement de logique économique : les banques recapitalisées sont reparties dans la « titrisation », les produits dérivés, le trading et la spéculation (d’où un semblant de regain… qui n’en est pas un). Pour preuve, les énormes provisions constituées par BNP-Parisbas pour rémunérer ses traders, et pressurer les entreprises en leur demandant des taux de rente de 15%, 20%, voire 30% ! Et cela se termine sur le dos des millions d’individus tous « employés du libéralisme », qu’ils soient ouvriers, employés de bureau, cadres pressurés, salariés indépendants, etc.


séisme bancaire


La nécessité de revoir le logiciel de la gauche


Une des sources du problème est dans la nécessité de revoir les perspectives. Le MEDEF appelle à l’ambition, la gauche doit en avoir aussi. Le gouvernement veut des réformes, la gauche doit en proposer aussi. Car un projet de société n’est pas une question d’immédiateté dans les combats à mener, mais une question de perspectives. Si le combat immédiat est impératif pour endiguer la misère et les douleurs quotidiennes, la projection politique vers le futur est impérative pour montrer la possibilité d’un changement de société, et construire l’action politique en ce sens.
Sans perspectives vers le futur, sans horizon, le combat se résume à un baroud d’honneur face à un rouleau compresseur. Inutile de préciser qu’une telle option décourage les individus, leur fait perdre toute motivation (« à quoi bon se battre si l’espoir de bâtir un autre monde n’est pas là ?! »). Et de fait, la gauche doit proposer un projet réellement alternatif. Car il n’y a plus de place pour l’état providence, et nous allons vers une logique d’affrontement total. Il convient donc d’armer les individus, d’en faire des individus-citoyens capables de défendre ce projet alternatif dans la perspective républicaine.
Vouloir bâtir un autre monde, c’est proposer d’autres rapports au travail, aller vers la réduction du temps consacré à l’activité qui éloigne de soi, et surtout rompre avec le salaire comme fruit du travail individuel au détriment des autres. Il s’agit de rompre avec les passe-temps de la société de consommation qui entretiennent les individus dans l’illusion du plaisir, alors qu’ils ne font que consommer et oublier leur travail (pour mieux y retourner… ).


capitalisme 2


Il s’agit de rompre avec la confusion du tout consommable : car il y a le nécessaire et ce superflu qui ruine des millions d’individus et n’apporte rien d’autre que de la rente pour quelques uns. Il s’agit de rompre avec la fabrication d’individus consommateurs-producteurs, et de fait, il faut en finir avec le PIB comme indicateur politique et avec la sacro-sainte « nécessité de croissance » comme horizon du bonheur social. L’économie au centre de la culture et de l’éthique de notre civilisation : voilà ce qu’il convient d’enterrer. Le rêve des trente glorieuse est en réalité un cauchemar car l’ère industrielle, qui est en crise, se caractérise par la réduction de la totalité du réel à la sphère de l’économie, et il n’y aura donc aucune possibilité d’alternative tant que le logiciel programmatique de la gauche tournera dans ce giron. Travail, individu, temps pour soi, santé, logement, lien social, lien avec l’écosystème, la bonne mesure d’un grand projet politique alternatif est l’audace !Nous devons être audacieux.


Guillaume Desguerriers


rebellion

20:00 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, services publics |  Facebook |

27/09/2009

28 septembre 1864: naissance de l'AIT


Le 28 septembre 1864, à Londres, au cours d'un meeting à Saint Martin's Hall, des ouvriers venus de toute l'Europe fondent l'Association internationale des travailleurs (AIT).


Naissance d'un syndicalisme européen


Dans tous les domaines (arts et lettres, diplomatie et défense, libre circulation des hommes et des marchandises, monnaie,...), l'Europe atteint au début des années 1860 un niveau d'intégration sans équivalent, même aujourd'hui. Le syndicalisme n'échappe pas à ce mouvement.


Les syndicats sont nés quarante ans plus tôt en Angleterre, à la faveur de la révolution industrielle. Ils rassemblent surtout des compagnons qui appartiennent aux métiers traditionnels et possèdent un bon niveau d'instruction : imprimerie, bâtiment, confection etc.


Le syndicalisme acquiert une dimension internationale avec l'Association internationale des travailleurs, qui naît dans une période de grande expansion économique, sous les règnes de la reine Victoria et de Napoléon III. L'AIT, ou première Internationale ouvrière, se donne pour objectif de coordonner les luttes syndicales et populaires de tous les pays. Elle comprend un comité central et de simples sections nationales.


C'est un intellectuel allemand, réfugié à Londres depuis l'échec des révolutions de 1848, qui rédige les statuts de l'Association internationale des travailleurs. Il s'appelle Karl Marx. Il a 46 ans.

 

Karl_Marx


Karl MARX


Karl Marx vit à Londres dans des conditions matérielles précaires et publie des ouvrages théoriques d'un abord difficile.


En 1864, il est surtout connu des syndicalistes et des socialistes par un opuscule qu'il a publié en 1848 avec son riche ami Friedrich Engels : Le Manifeste du Parti communiste(son oeuvre principale, Das Kapital, paraîtra trois ans plus tard).

 

Engels


Friedrich ENGELS


Fatales rivalités


L'Association internationale des travailleurs aligne dans ses plus belles années quelques milliers d'adhérents seulement dans toute l'Europe. Elle est très tôt minée par les rivalités entre Karl Marx, qui prône un socialisme «scientifique», et le courant anarchiste animé par Pierre Joseph Proudhon puis par Michel Bakounine.


L'Association est issue d'un grand mouvement de protestation en faveur des Polonais, victimes en 1863 d'une féroce répression russe. Mais elle ne survit pas aux tensions nées de la guerre franco-prussienne et de la Commune de Paris, en 1871.


Les anarchistes de Bakounine sont expulsés l'année suivante et l'AIT transporte son siège à New York, où elle s'éteint dans l'indifférence.

 

Proudhon


Pierre-Joseph PROUDHON


D'une Internationale à l'autre


Bien plus tard, à Paris, en 1889 (six ans après la mort de Marx), les socialistes fondent une deuxième Internationale. Celle-ci a survécu tant bien que mal jusqu'à nos jours sous le nom d'Internationale ouvrière et socialiste.


De 1919 à 1943, la IIe Internationale a été concurrencée par une IIIe Internationale dite communiste (Komintern) et sévèrement contrôlée par Staline. Trotski, son rival, a fondé pendant son exil, en 1938, une IVe Internationale qui fut très en vogue parmi les jeunes contestataires français de Mai 68.

 

trotski


Léon TROTSKY


Source:

http://www.herodote.net/index.php


Signalons que la IVème internationale existe toujours. En Belgique, elle est représentée par la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR)

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_sectio...

 

14:46 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire |  Facebook |

25/09/2009

La bête n'est pas morte !

Courrier international

Le juge Baltasar Garzón comparaît sur le banc des accusés

10.09.2009

Baltasar Garzón nie toute forfaiture et maintient que son action était conforme à la légalité", titre le quotidien ABC. Le 9 septembre, le juge espagnol a été entendu pendant quatre heures par un magistrat instructeur du Tribunal suprême espagnol. Le syndicat de fonctionnaires Manos limpias (Mains propres), décrit comme très à droite, a déposé plainte contre lui pour prévarication. Il accuse le juge d'avoir monté un "artifice juridique" pour ouvrir une enquête sur les disparus du franquisme et passer outre à la loi d'amnistie de 1977.


21:39 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/09/2009

Et il existe des inconscient(e)s qui soutiennent le port du voile !

amnesty

SOUDAN. AMNESTY INTERNATIONAL APPELLE LE GOUVERNEMENT À ABROGER LA LOI PÉNALISANT LE PORT DE PANTALON PAR LES FEMMES

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI- 4 septembre 2009

Alors que doit reprendre à Khartoum le procès de Lubna Hussein, journaliste soudanaise jugée pour avoir porté un pantalon, Amnesty International a appelé le gouvernement soudanais à annuler les charges retenues contre cette femme et à abroger la loi utilisée pour justifier la condamnation de femmes à être fouettées pour avoir porté des vêtements considérés comme « indécents ».

« La manière dont cette loi a été utilisée contre des femmes est inacceptable et la peine prévue par la loi, qui peut aller jusqu’à 40 coups de fouet, est révoltante », a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International.

L’article 152 du Code pénal soudanais de 1991 prévoit, en résumé, qu’une personne qui commet un acte « indécent » ou porte des vêtements « indécents » peut être punie d’une peine de 40 coups de fouet au maximum, ou d’une peine d’amende, ou des deux.

« La loi est rédigée de telle façon qu’il est impossible de déterminer ce qui est décent ou indécent, a déclaré Tawanda HondoraCela a pour effet que régulièrement des femmes sont arrêtées, détenues, jugées, condamnées et fouettées simplement parce que des policiers n’étaient pas d’accord avec la façon dont elles étaient habillées. La loi est également discriminatoire, dans le sens où elle est utilisée de manière disproportionnée contre les femmes. »

En 2003, la Commission africaine a demandé au Soudan de modifier l’article 152, en invoquant le fait que les peines de fouet s’apparentaient à des actes de torture cautionnés par l’État ; huit femmes avaient porté plainte contre le gouvernement soudanais après avoir été arrêtées pour avoir pique-niqué en public avec des amis parmi lesquels se trouvaient des hommes. Ces femmes avaient été fouettées avec un câble et un fouet en plastique réputés laisser des cicatrices permanentes. Le gouvernement n’a rien fait pour modifier la loi depuis la décision de la Commission.

«  Nul ne devrait être fouetté, a déclaré Tawanda HondoraIl s’agit d’un traitement cruel, inhumain et dégradant qui bafoue le droit international et les normes communes de dignité humaine. »

Journaliste soudanaise

Loubna Ahmed al-Hussein

Complément d’information :

Le texte complet de l’article 152 du Code pénal soudanais de 1991 est le suivant :

152 - Actes obscènes et indécents

(1) Quiconque, dans un lieu public, commet un acte indécent ou contraire à la moralité publique ou porte une tenue indécente, contraire à la moralité publique ou qui heurte les sentiments du public sera puni d’une peine ne pouvant excéder quarante coups de fouet ou d’une amende ou des deux.

(2) Un acte est contraire à la moralité publique s’il est considéré comme tel en vertu de la doctrine religieuse de la personne ou des coutumes du pays où l’acte a lieu.

NON AU PORT DE TOUT SYMBOLE RELIGIEUX DANS LES LIEUX PUBLICS !

LA RUE EST LE 1er LIEU PUBLIC !

Amnesty ne demande aucune action pour l'instant. Mais restez vigilant(e) ! 

 

 


 

19:48 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amnesty |  Facebook |