27.10.2009
Le Prix Nobel de la Paix a fomenté le coup d'Etat au Honduras !

En 1973, le général Pinochet et sa junte renversent par un coup d’état, planifié, financé et dirigé par les États-Unis, le gouvernement progressiste et démocratiquement élu de Salvador Allende (1970-1973). Ce coup débouche sur l’instauration de la dictature sanglante d’Augusto Pinochet, qui se maintiendra au pouvoir pendant 17 longues années. William Colby, directeur de la CIA de 1973 à 1976, affirme dans ses mémoires que sept millions de dollars ont été dépensés par la centrale afin de déstabiliser le gouvernement et d’alimenter un climat propice au coup d’état |2|. Réagissant aux nationalisations effectuées par le gouvernement d’Allende, plusieurs firmes américaines apportent leur concours à cette stratégie. La même année, Henry Kissinger, secrétaire d’État du président états-unien Richard Nixon, et qui a si délicatement installé Pinochet, le tortionnaire le plus loyal vis-à-vis des intérêts états-uniens, fut décoré du Prix Nobel de la Paix pour ses négociations ayant mis fin à la guerre du Vietnam. En ces années de guerre froide, Pinochet fut le symbole du général latino-américain instrumentalisé par Washington pour terroriser la gauche de son pays et maintenir celui-ci amarré au « camp occidental ».

Autres temps, autres mœurs ? Dimanche 28 juin, le président du Honduras Manuel Zelaya, issu de l’oligarchie et membre du Parti Libéral, a été séquestré puis expulsé du pays par les militaires honduriens, formés dans la tristement célèbre École des Amériques |3|. Ce coup d’état, orchestré par les secteurs réactionnaires de la société (l’armée, l’oligarchie, l’Eglise, le pouvoir judiciaire, les médias dominants) et le Pentagone, vise à mettre fin brutalement aux aspirations de changements du peuple hondurien, investi dans le lancement d’une consultation populaire pour ouvrir la voie à un processus d’Assemblée constituante |4|, et à faire avorter le processus de réformes sociales et politiques engagées par Manuel Zelaya. En effet, confronté aux pressions sociales, à la crise financière et à l’avidité de l’élite nationale qui n’entend rien céder de ses privilèges, le président Zelaya a pris une série de mesures progressistes en faveur des classes populaires, notamment l’augmentation de 60% du salaire mimimun, ce qui a provoqué l’ire des entrepreneurs nationaux et des firmes américaines, qui exploitent à moindre coût les ressources naturelles - bananes, pétrole, etc. - et les travailleurs. Il a rejoint l’ALBA (l’Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), l’alliance constituée par le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua et la Dominique, et adhéré à PetroCaribe, une initiative lancée par le Venezuela pour fournir aux pays de la région non exportateurs d’hydrocarbures du pétrole à un prix inférieur au prix du marché mondial. Par ce « virage à gauche », Manuel Zelaya s’est attiré les foudres des classes capitalistes honduriennes et états-uniennes.

Le 31 mai 2008, à cause des risques de sécurité que présentait l’aéroport international de Tocontín, le président Zelaya annonce que la base américaine de Soto Cano sera utilisée pour des vols commerciaux internationaux. Cette base avait été installée en 1981, à l’époque de la Guerre froide, quand Washington se préparait à miner les ports nicaraguayens et à armer la Contra qui allait bientôt opérer contre les sandinistes à partir du territoire hondurien. Alors que l’Équateur n’a pas renouvelé la base militaire de Manta, le projet de mettre fin à la présence militaire US au Honduras, point d’appui aux ingérences en Amérique latine |5|, a vraisemblablement décidé Washington. Le coup, qui liquide le maillon le plus faible de l’ALBA, a des implications bien au-delà des frontières du Honduras...

Ce petit pays d’Amérique centrale, qui incarne la traditionnelle « république bananière » ouverte à toutes les ingérences, devient l’épicentre d’une nouvelle guerre froide en Amérique latine.
L’administration Obama entend reprendre la main en Amérique latine où les États-Unis ont subi plusieurs revers au cours de ces dernières années, avec l’élection successive de gouvernements "progressistes", en rupture avec le modèle néolibéral et avec la traditionnelle domination des États-Unis. Le Coup d’Etat vise tout particulièrement les pays de l’ALBA, notamment ses poids lourds - Cuba, la Bolivie, le Venezuela, l’Équateur- qui prônent un socialisme du XXIème siècle.
Après le retour au pouvoir de Daniel Ortega au Nicaragua en 2006, l’élection en 2008 du président Alvaro Colom au Guatemala et de Mauricio Funes du Front Farabundo Marti de Libération Nationale au Salvador (ex-guérilla des années 80), le coup vise également à contenir un risque de « contagion chaviste » en Amérique centrale, un corridor stratégique permettant d’assurer le contrôle de l’Amérique latine. Et afin d’augmenter la menace contre les pays de l’ALBA, les États-Unis entendent renforcer leur présence militaire : en juillet 2009, Washington a obtenu du président Alvaro Uribe l’octroi aux militaires états-uniens de sept bases colombiennes.

On le voit, Washington n’a nullement l’intention de renoncer à ses actes d’agression et à ses ambitions de conquêtes. Mais l’innovation, qui a motivé l’attribution de ce Prix Nobel à Obama, réside surtout dans la forme diplomatique. Pour redorer l’image des États-Unis, ternie par l’unilatéralisme agressif de l’administration Bush, l’administration Obama change juste son fusil d’épaule et se propose d’atteindre les objectifs impérialistes de toujours, mais de manière plus raffinée. En quelque sorte, une main de fer dans un gant de velours...

Au Honduras, par exemple, l’administration d’Obama ne peut ignorer la légitimité du président Zelaya, mais elle ne peut pas non plus condamner catégoriquement le putsch car il mettrait en danger ses intérêts économiques et géopolitiques, ses relations avec l’oligarchie hondurienne, et anéantirait tous ses efforts communicationnels. Washington nie d’emblée toute implication dans le Coup d’Etat et se rallie aux condamnations internationales. Puis, pour enterrer l’esprit des résolutions de l’OEA et de l’ONU visant le retour « immédiat et sans conditions » du président Zelaya, elle réussit à imposer la ’médiation’ du président costaricain Oscar Arias, fidèle allié de Washington, et, sans renoncer d’un pouce à la défense de ses intérêts, parvient à entretenir l’illusion d’un discours légaliste.

Résultat de cette stratégie made in USA : presque quatre mois après le Coup d’Etat, Manuel Zelaya n’a toujours pas pu regagner la présidence. La police et les militaires au service des putschistes répriment, emprisonnent, torturent et assassinent les manifestants, censurent et détruisent les installations des rares médias indépendants. Le 22 septembre, 36 ans après les stades du Chili sous Pinochet, plusieurs centaines de personnes sont enfermées dans le stade Chochy Sosa à Tegucigalpa.

Manuel Zelaya a réussi à regagner le Honduras le 21 septembre et se trouve depuis lors en exil dans son propre pays, au sein de l’ambassade du Brésil assiégée. Depuis ce coup de théâtre, la « communauté internationale » s’agite pour que le dénouement s’accélère, brandissant à nouveau l’étendard des Accords ’Arias’. Dans cette ambiance de terreur à l’encontre du peuple hondurien qui se mobilise pacifiquement contre l’ordre putschiste, les négociations se poursuivent, sous l’égide de l’OEA, entre les représentants du président légitime Zelaya et ceux de la dictature, considérés depuis lors comme des interlocuteurs fréquentables au lieu de criminels qui violent de façon continue les droits humains et les libertés fondamentales. L’issue est incertaine : les négociateurs des deux camps sont tombés d’accord le 14 octobre sur des points inacceptables tels que la formation d’un gouvernement d’unité nationale et le renoncement de Zelaya à convoquer une assemblée constituante, et pour l’heure, Michelleti ne semble toujours pas disposé à descendre de son cheval et à accepter le point concernant la restitution de Zelaya à la présidence.
Quoi qu’il en soit, cette sortie de crise, en partie victorieuse pour les putschistes, est un blanc-seing pour de futurs coups et "dictablandas" (dictatures militaires avec des façades "légales") et constitue un précédent grave et dangereux pour tout le continent latino-américain.
Exceptée cette diplomatie en trompe l’oeil, pour écarter le président devenu gênant, Washington continue à activer ses différents leviers. Washington met à disposition des putschistes ses traditionnels « faucons » qui ont fait leurs armes dans les efforts de déstabilisation et autres mauvais coups en Amérique latine |6|. Les firmes de lobby américaines - Cormac Group, Herrington and Sutcliffe LLP, Vision Américas, etc - s’activent auprès du Congrès américain et des autres structures de décisions pour populariser l’aventure putschiste. Plus accablant encore, l’avocat Lanny Davis, conseiller spécial de l’ex-président Bill Clinton et actuel conseiller de la secrétaire d’État Hillary Clinton, a été embauché par le Conseil des entreprises de l’Amérique latine (CEAL), un véritable concentré de l’oligarchie régionale, pour faire pression en faveur du régime putschiste à Washington |7|.
Soulignons qu’au préalable Washington avait soigneusement préparé le terrain au putsch en apportant un financement massif aux différents mouvements d’opposition dans le cadre de sa politique de "renforcement de la démocratie". Un mois et demi avant le coup, différentes organisations, groupes d’affaires, partis politiques, haut-placés de l’Église catholique et médias privés, en opposition aux politiques de Manuel Zelaya, se sont réunis au sein de la coalition « Union civile démocratique du Honduras |8| » afin de « réfléchir à comment en finir |9| ». La majorité de ces groupes ont bénéficié de plus de 50 millions de dollars annuel de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) et de la NED (Fondation nationale pour la démocratie) pour la ’promotion de la démocratie’ au Honduras.
Le renforcement des opérations de propagande et de subversion en Amérique latine par le biais des programmes de « promotion de la démocratie » est vraisemblablement le cheval de bataille de la politique extérieure de l’administration Obama pour parfaire celle son prédécesseur. L’avocate et chercheuse nord-américaine Eva Golinger précise : « Le ’smart power’ [le maître-mot de la diplomatie américaine sous l’ère Clinton |10|] met l’accent sur l’utilisation d’agences comme USAID et la National Endowment for Democracy (NED) pour faire le « sale travail » de pénétrer et d’infiltrer silencieusement les organisations de la société civile pour faire la promotion des politiques des États-Unis. Cela explique pourquoi Obama a demandé 320 millions de dollars de plus pour un fonds de « promotion de la démocratie » dans le budget 2010 uniquement pour l’Amérique latine. Il s’agit d’une somme considérablement plus élevée que celle demandée et utilisée pour la « promotion de la démocratie » en Amérique latine durant les huit années combinées de l’administration Bush » |11| !
Créée pour lutter contre le communisme, la NED ne s’est jamais mieux portée depuis que l’URSS a disparue. Aujourd’hui, ce Prix Nobel décerné à Obama vient cautionner ces opérations silencieuses...
Légitimant la guerre et les conflits, ce prix Nobel, nouvel outil de propagande, ne saurait cacher l’horreur de l’ordre socioéconomique inique et belliciste promu par les Etats-Unis et les autres puissances mondiales.

Cécile LAMARQUE
1| Le budget de la Défense a augmenté sous l’administration Obama, passant de 606,4 milliards de dollars sous Bush en fin 2008 à 680 milliards de dollars au cours de l’année 2009 sous Obama.
|2| http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Coup-d-Etat-de-Pinochet_a628.html
|3| Rebaptisée en 2001 « Institut de l’hémisphère occidental pour la coopération sur la sécurité ».
|4| Le 28 juin, le président avait appelé les Honduriens à se prononcer sur la mise en place d’une « quatrième urne », lors des élections générales qui se tiendront en novembre 2009, pour élire une Assemblée nationale constituante chargée d’élaborer une nouvelle Constitution. Les trois premières urnes sont réservées respectivement à l’élection du président, des députés et des maires. La question était : « Êtes-vous d’accord qu’aux prochaines élections générales de 2009, une 4e urne soit installée pour permettre au peuple de se prononcer sur la convocation d’une assemblée nationale constituante ? OUI ou NON ».
|5| Depuis la base états-unienne de Soto Cano opère l’unité états-unienne, la Joint task force Bravo, sous le commandement de l’U.S Southern Command, en charge des intérêts états-uniens en Amérique centrale, méridionale et caraïbe.
|6| Entre autres, Hugo Llorens, ambassadeur états-unien en poste à Tegucigalpa ; John Negroponte, ancien diplomate au Honduras de 1981 à 1985 (pour organiser la lutte armée contre le Nicaragua sandiniste) et actuellement conseiller à la secrétaire d’État Hillary Clinton ; Otto Reich et Roger Noriega, deux sous-secrétaires d’État pour l’hémisphère occidental (Amérique latine) sous le gouvernement Bush.
|7| Lire "Washington et le coup d’État au Honduras : Voici la preuve", par Eva Golinger, http://www.mondialisation.ca/PrintArticle.php?articleId=1....
|8| L’Union civica democratica (UCD) est composée d’organisations incluant le Conseil national contre la corruption, l’archevêque de Tegucigalpa, le Conseil hondurien de l’entreprise privée (COHEP), le Conseil de l’université Deans, la Fédération des travailleurs du Honduras (CTH), le Forum national de convergence, la Fédération nationale du commerce et de l’industrie du Honduras (FEDECAMARA), l’Association of Communication Media (AMC), le Groupe paix et démocratie et le groupe étudiant Génération pour le changement.
|9|http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/07/01003-200...
|10| Mariage entre les notions de hard power (pouvoir de coercition par la force ou la menace) et de soft power (capacité d’attraction par la persuasion). La secrétaire d’Etat Hillary Clinton résumait en ces termes sa conception de la politique étrangère à Séoul le 21 février dernier « Je veux utiliser une diplomatie robuste et le développement pour renforcer nos partenariats avec d’autres gouvernements et créer des réseaux collaboratifs d’individus et d’ONG, pour trouver des solutions innovantes aux problèmes globaux. C’est cela que nous appelons le smart power ». « Pour faire face à un monde où les crises s’accumulent, disait Hillary Clinton lors de son audition devant la commission sénatoriale en février 2009, nous devons avoir recours à ce qui a été appelé ‘le pouvoir de l’intelligence’ (smart power), l’ensemble des outils à notre disposition : diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux, et culturels - il faut choisir le bon outil, ou la bonne combinaison d’outils, la mieux adaptée à chaque situation »
|11|http://www.mondialisation.ca/PrintArticle.php?articleId=1...
12:23
Écrit par Patrice
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22.10.2009
Profits contre santé: un nouvel exemple

Fruit du travail conjoint de la FAO (1) et de l’université canadienne McGill, une étude intitulée « Indigenous People’s Food Systems » vient de mettre en lumière, preuves à l’appui, l’importance de conserver les traditions culinaires des peuples autochtones établis aux quatre coins du monde. En effet, qu’il s’agisse de tribus de forêts tropicales reculées ou d’habitants des déserts de glace, tous disposent d’un choix d’aliments sains et nutritifs que leur prodigue leur environnement direct.
Ainsi, la communauté Karen de Sanephong, située en Thaïlande à proximité de la frontière birmane, jouit de quelque 387 espèces vivrières, dont 208 variétés de légumes et 62 types de fruits distincts. Elles comptent notamment la courge cireuse, le fruit du jacquier ou pomme de jacque et le champignon dit « oreille de Judas ». Le même constat s’impose dans des zones arides, à l’image de la région où vit l’ethnie Massaï, au Kenya, avec un patrimoine culinaire riche de 35 espèces connues d’herbes, de légumes à feuilles et de fruit sauvages.

A l’autre bout du monde, les Inuits de la Terre de Baffin, hôtes du Grand nord canadien, bénéficient également des richesses naturelles de leur milieu, lequel propose un panel de 79 aliments différents dont la viande de caribou et le phoque annelé.
Toutefois, à l’instar de bon nombre de ressources naturelles, cette diversité alimentaire menace aujourd’hui de s’éteindre. En effet, à mesure que les habitats naturels disparaissent sous la pression des intérêts économiques et de l’uniformisation amenée par le modèle occidental, ces aliments indigènes se raréfient. D’après la FAO, les trois quarts de la diversité génétique des cultures agricoles auraient ainsi disparu au cours du siècle dernier.
Pourtant, outre une perte déjà fort dommageable en soi, la standardisation du modèle alimentaire industriel est également nuisible en terme de santé. A l’heure actuelle, les régimes des pays occidentaux industrialisés reposent sur les quatre grandes cultures commerciales que sont le blé, le riz, le maïs et le soja. Ceux-ci sont principalement consommés sous formes de produits transformés ou de viande, via l’alimentation animale. Or, ce sont ces mêmes pays qui doivent désormais faire face à une propagation de maux modernes tels que l’obésité, le diabète et l’hypertension.
A l’exact opposé de cette pauvreté nutritionnelle, les aliments traditionnels sont généralement riches en micronutriments. Pour preuve, à Mand, hameau d’une île d’Océanie appelée Pohnpei, une des 26 variétés locales de bananes, la Utin Llap, renferme d’énormes quantités de bêta-carotène, particulièrement efficace contre les carences en vitamine A.
Une petite lueur d’espoir subsiste cependant, comme en atteste l’exemple des Inuits. Convertis il y a dix ans aux joies des boissons gazeuses et autres produits phare de la malbouffe, ils semblent vouloir désormais renouer avec leurs pratiques culinaires traditionnelles. En effet, s’il y a une dizaine d’années, 31 % de leurs apports nutritionnels venaient d’aliments traditionnels, en 2006, ce pourcentage était de 41 %. Un exemple que feraient bien de suivre les pays qui revendiquent le statut de « développés ».

Cécile Cassier - 07-09-2009
23:53
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19.10.2009
La moraline comme opium du peuple

Ce texte peut très bien s'adapter à la Belgique. Il suffit de changer les noms. (NDLR)
Chaque jour, le débat politique verse un peu plus dans cette moraline qui n’a que faire de la morale. Chaque jour, des voix s’élèvent pour grossir le concert de l’indignation collective. On s’indigne de l’affaire Clearstream, de l’attribution du prix Nobel, de la hausse du traitement du Président, de la fulgurante ascension de son rejeton, des pratiques sexuelles de Frédéric Mitterrand, de l’attirance de Polanski pour les jeunes filles pubères. A gauche comme à droite, on s’insurge, on pousse des cris d’orfraie, on désigne les coupables et les vertueux. Non seulement ce spectacle renforce l’idée que les hommes politiques sont “tous pourris”, voire “pervers”, mais il tend à faire croire que la politique est une affaire de bons sentiments.
Le gouvernement sait fort bien jouer la carte de l’indignation : les salaires des traders ? Indécent. Les bonus reversés par les banques à peine un an après le début de l’une des plus grandes crises du capitalisme financier ? Scandaleux. Les paradis fiscaux ? Inadmissible. Le capitalisme débridé ? Immoral. Les suicides à France Télécom ? Choquant. On retrouve cette figure que Hegel appelait jadis “la belle âme” : une conscience pathétique qui fuit le contact avec le réel, qui se refuse à se donner une substantialité et qui risque bien de s’évanouir “comme une vapeur sans forme qui se dissout dans l’air”.

Dans les années 70, il était de bon ton de dire que tout est politique. Aujourd’hui, on cherche à nous faire croire que tout est moral. La morale a bon dos. Elle ne mange pas de pain. Il n’est pas question de prendre des mesures politiques pour encadrer le capitalisme : il suffit de le moraliser. Il n’est pas question de s’interroger à propos de la désastreuse privatisation de France Télécom, ni de dénoncer les techniques manageriales qui ôtent au travail toute dignité : il suffit que la direction fasse preuve d‘“empathie” à l’égard des salariés (voir la récente déclaration de Laurent Wauquiez sur Canal plus). Le capitalisme n’a pas besoin d’être moralisé : il a besoin d’être refondé. [En fait, il a besion d'être éradiqué. NDLR] Les salariés de France Télécom n’ont que faire de la compassion : ils ont besoin de conditions de travail dignes. Les citoyens n’attendent pas des politiques qu’ils s’indignent, qu’ils se lamentent ou qu’ils compatissent. Ils attendent d’eux des mesures concrètes et courageuses : hausse des salaires, application du droit du travail, défense du système de la protection sociale, redistribution des richesses, défense des services publics, autant de mesures qui n’ont rien à voir avec la moraline dont les belles âmes se consolent, mais qui relèvent d’une politique à la hauteur des attentes d’un peuple de citoyens.

Pendant qu’on fait étalage de bons sentiments, qu’on en appelle à la conscience morale, qu’on somme les coupables d’expier, le gouvernement continue de s’occuper de nous. Pendant que l’on disserte sur la pédophilie, le viol et la méritocratie, le gouvernement poursuit sa politique néolibérale. La privatisation de la santé continue. La destruction de l’école publique continue. La marchandisation des services publics continue. Et la droite sarkozyste poursuit ses petites affaires dans les Hauts-de-Seine.
D’où l’on comprend que la moraline a bien des vertus. Elle est un puissant opium qui détourne nos concitoyens de leurs préoccupations réelles. Elle est un rideau de fumée efficace qui occulte la férocité des politiques néolibérales. Elle tient lieu de panacée. Mais chacun sent bien que la moraline n’est qu’un placébo.

L’indignation est sans doute une passion noble. Mais elle est vaine si elle ne se traduit pas dans des mesures concrètes. Elle est aveugle si elle ne s’appuie pas sur une analyse précise des politiques qui sont mises en oeuvre depuis le tournant néolibéral des années 80. Il est légitime que les citoyens s’indignent devant le triste spectacle que donne à voir le pouvoir. Mais l’indignation ne fait pas un projet alternatif. Elle ne se traduit pas non plus mécaniquement en vote. Sans compter qu’elle risque bien de s’amenuiser au fur et à mesure des révélations de nouveaux scandales. Plutôt que de s’indigner, il convient de proposer et de porter un projet politique républicain, laïque, social et écologique qui réponde aux attentes des français afin de leur proposer une véritable alternative.
L’indignation est sans doute une passion noble. Mais elle est vaine si elle ne se traduit pas dans des mesures concrètes. Elle est aveugle si elle ne s’appuie pas sur une analyse précise des politiques qui sont mises en oeuvre depuis le tournant néolibéral des années 80. Il est légitime que les citoyens s’indignent devant le triste spectacle que donne à voir le pouvoir. Mais l’indignation ne fait pas un projet alternatif. Elle ne se traduit pas non plus mécaniquement en vote. Sans compter qu’elle risque bien de s’amenuiser au fur et à mesure des révélations de nouveaux scandales. Plutôt que de s’indigner, il convient de proposer et de porter un projet politique républicain, laïque, social et écologique qui réponde aux attentes des français afin de leur proposer une véritable alternative.
02:02
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18.10.2009
Un texte capital à diffuser le plus largement possible

Cet appel général est lancé par quinze personnalités du monde académiquedans l’Union européenne. Il vise à interpeller, à la suite des élections européennes de juin 2009, les nouveaux élus au Parlement européen. Cet appel sera suivi par une conférence de presse qui se tiendra à Bruxelles fin 2009.

L’appel est ouvert à la signature de toutes les personnes ou toutes les organisations et associations, soucieuses de la promotion, de la protection du droit du travail, du droit social et des droits syndicaux dans l’Union européenne. Il s’adresse donc à des syndicalistes, des universitaires travaillant sur les matières sociales, des fonctionnaires et salariés des administrations et institutions des secteurs sociaux, des avocats, des juges, des inspecteurs sociaux,… mais aussi à toutes celles et ceux pour lesquels le droit du travail et le droit syndical restent deséléments essentiels du bon fonctionnement de la démocratie. Ces droits doivent s’améliorer sans cesse et ne jamais régresser.
Alors que depuis plus de trente ans maintenant l’imposition de la flexibilité dans l’organisation du travail a conduit à une forte dégradation du statut des travailleurs de la fonction publique et du statut des travailleurs salariés du secteur privé, ainsi que de leurs conditions de rémunération, une offensive encore plus profonde contre le droit du travail s’est mise récemment en place et s’amplifie d’année en année depuis que la Commission européenne en 2005 a décrété qu’il était nécessaire de « moderniser le droit du travail ». Depuis lors, tant à travers des mesures nationales (comme les diverses réformes en France qui ont déstabilisé le code du travail en profondeur) que par le biais d’interventions de l’Union européenne, les droits les plus centraux constituant le cœur même du droit du travail et du droit syndical ont subi des attaques puissantes, indignes de systèmes politiques qui se réfèrent à la démocratie.

La grande majorité de la classe politique composant l’Union européenne et celle des Etats-membres aide le monde patronal dans ses ambitions de régressions sociales ; le bilan qui en résulte sur la situation des droits du travailleur aujourd’hui partout en Europe est dès lors déplorable :
- le contrat de travail à durée indéterminée est présenté comme obsolète età faire disparaître au plus tôt ;
- le statut de fonctionnaire garantissant un emploi stable et une rémunération liée à des évolutions barémiques régulières est en train de devenir une « espèce en voie de disparition ». Or elle permet l'indépendance des agents et la garantie de l’égalité de traitement des citoyens ;
- les protections contre le licenciement sont fortement revues à la baisse ;
- le droit au départ à la retraite et au financement collectif d’une pension de retraite permettant une vie digne ont été sérieusement réduits;
- la garantie de pouvoir bénéficier dans la durée d’un revenu de remplacement décent par rapport au dernier salaire via l’allocation de chômage lors de la perte de son emploi a été considérablement diminuée.
Cent millions de personnes au sein de l’Union européenne vivent dans lapauvreté dont 48% sont situés dans l’Europe des 15, et le nombre de travailleurs pauvres s’accroît d’année en année : ils sont plus de 10% par exemple en Italie ou en Espagne. Comme si cela ne suffisait pas, les Autorités de l’Union européenne ont pris récemment des décisions intolérables :
La Cour de Justice de l’Union européenne, par ses arrêts récents (Viking,Laval, Rüffert, Luxembourg) réduit violemment les droits sociaux fondamentaux : elle confirme la suprématie de la liberté d’établissement et de la liberté de prestation de services sur le droit de grève, elle attribue un pouvoir d’appréciation au juge national sur la légitimité d’une grève, elle dévalorise les conventions collectives qui ne sont pas d’application générale, enfin elle impose aux États les libertés commerciales comme éléments indiscutables de l’ordre public et limitel’ordre public social à un socle minimal décrit dans une directive dont cela n’était pas l’objet (détachement des travailleurs, 1996).
La Commission, le Conseil et le Parlement ont adopté un règlement qui sera d’application partout en Europe en décembre 2009 (Règlement CE n°593/2008) et qui assimile le contrat de travail à un simple contrat civil entre parties considérées comme égales.

Ces nouveaux éléments indiquent clairement l’intention des Autorités européennes d’abolir peu à peu le droit du travail comme domaine juridique spécifique et non assimilable à des relations civiles privées. Ce faisant, elles nous font replonger au 19ème siècle, époque au cours de laquelle le droit civil régnait en maître dans les relations de travail et où c’est la voix de l’employeur qui prime toujours sur celle du travailleur, celle du fort sur celle du faible.
L’ensemble des signataires s’élèvent fermement contre ce processus rétrograde. Ils lancent un appel pour que les nouveaux élus après les votes européens de juin 2009 s’engagent à faire intégrer le plus rapidement possible les normes internationales du travail (les 188 conventions de l’OIT et l’ensemble des articles de la Charte sociale du Conseil de l’Europe) dans le droit communautaire. Inventons l’ordre public social européen ! En effet, pour qu’il y ait une Union démocratique entre les peuples européens, il est indispensable de constituer un socle de dispositions impératives, le droit social international et européen, quifasse primer les droits sociaux démocratiques sur le droit de la finance et du commerce. Ceci devrait aussi aboutir au plus tôt à la création d’une chambre spécialisée en droit du travail au sein de la Cour de Justice des Communautés européennes et à une refonte des pouvoirs intégrant enfin le principe démocratique d’indépendance et de séparation des pouvoirs, faisant notamment du parlement européen un vrai législateur.
http://www.labour-union-rights.eu/spip.php?article1)
00:34
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12.10.2009
Interdisez la burqa !
http://www.ripostelaique.com/Halte-a-la-burqa-et-au-voile...
20:48
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Autant le savoir

Des médecins et des associations viennent d’engager une procédure judiciaire visant à interdire l’utilisation des quatre vaccins actuellement homologués contre la grippe A/H1N1 aux USA. Selon leur avocat James S. Turner, la FDA (1) n’aurait apparemment jamais testé le vaccin quant à son efficacité et à ses éventuels effets secondaires, comme la loi fédérale lui en fait pourtant obligation. Ainsi, à l’inverse des homologations habituelles qui voient la publication de comptes rendus d’essais cliniques et autres tests spécifiques, l’agence n’aurait pour le moment produit aucune preuve scientifique susceptible de justifier l’autorisation des vaccins de la grippe pandémique. En conséquence, agissant au nom du personnel de santé de l’Etat de New York, ainsi que de Gary Null (2), l’avocat considère que la FDA a "violé" la loi en ne remplissant pas ses obligations. D’autre part, outre l’annulation de l’autorisation des vaccins, les plaignants demandent que le tribunal interdise également toute vaccination obligatoire contre le virus A/H1N1.
Pascal Farcy - 10/10/2009
1- La FDA (Food and Drug Administration) est l'agence gouvernementale américaine en charge de la réglementation et de l'évaluation de tout ce qui est lié à l'alimentation et la santé aux USA. 2- Gary Null est un célèbre chroniqueur promoteur des médecines alternatives et auteur d'ouvrages sur la santé.
00:28
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10.10.2009
Le corail menacé par la famine

L’Homme rejette de plus en plus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. En contribuant au réchauffement climatique, le CO2 menaçait déjà les coraux en favorisant leur blanchiment, mais à l’avenir, il le fera aussi en les affamant. Des chercheurs de l’Université du Queensland ont montré qu’un taux élevé de CO2 et l’acidification des eaux pourraient détruire les algues symbiotiques des coraux.

Corail Favia pallida montrant des signes de blanchiment à droite © N. Hobgood CC by-sa
Les coraux dépendent à 99% de l’apport nutritif de leurs symbiontes, des micro-algues appelées zooxanthelles. Sans elles, c’est la mort assurée. Tout ce qui affecte ces micro-algues et leur photosynthèse rendra les coraux plus vulnérables au blanchiment, aux maladies et à toute autre menace.
L’équipe des docteurs Alicia Crawley et Sophie Dove, du Centre d'Etudes Marines de l'Université du Queensland, a découvert qu’en exposant les zooxanthelles aux taux prévus si les émissions de carbone ne sont pas contenues, la production d’une certaine enzyme est réduite de 50%. Cette enzyme tient un rôle clef dans la protection des symbiontes (l'algue) face aux rayonnements solaires et, sans elle, le stress oxydatif causé entrave la photosynthèse et donc leur capacité à nourrir leur hôte, le corail. Quand cela persiste, le corail expulse ses zooxanthelles, c’est le phénomène de blanchiment. S’il ne récupère pas rapidement des zooxanthelles fonctionnelles, le corail meurt de faim.

Les patrons-voyous (pléonasme !), leurs valets politiques et le culte de l'argent fou vont-ils faire disparaître ces merveilles ?
Même si la photosynthèse des micro-algues peut profiter de taux de CO2 un peu plus élevé, ce n’est pas le cas au rythme actuel des rejets de dioxyde de carbone. Les chercheurs affirment que ce nouvel impact est indépendant du réchauffement climatique (chaleur, élévation du niveau de la mer) et qu’il est causé uniquement par les taux de CO2 et l’acidification des eaux. Rappelons que l’acidification a deux origines, les pluies acides dues aux émissions industrielles et la dissolution du CO2 dans l’eau avec la formation d’ions HCO3- et CO32-, mais surtout de H+, responsable de l’acidité. Il semblerait que ces deux phénomènes soient liés, le premier favorisant le second.
Cette combinaison négative risque d’exacerber les autres effets du changement climatique, d’aggraver les risques de blanchiment et d’affecter les quelque cinq cents millions d’individus qui dépendent du corail (pêche, tourisme, protection contre les vagues). « C’est une autre bonne raison de réduire nos émissions » assène A. Crawley. Cette enzyme n’est qu’un des éléments affectés par les taux de CO2, d’autres le seront sûrement, il faut que « les dirigeants australiens agissent dès à présent pour s’attaquer au problème du changement climatique. Le futur de nos récifs coralliens en dépend ».
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15:55
Écrit par Patrice
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06.10.2009
Islande: le cauchemar néo-libéral

ET

L’Islande, petit pays sans armée de 320 000 habitants, vient d’annoncer qu’il conditionnerait le remboursement de sa dette à ses « capacités de paiement ». Si la récession perdure, l’Islande ne remboursera rien. Même s’il convient de nuancer la portée de cette décision, d’autant qu’il faudra vérifier qu’elle est effectivement appliquée, elle représente cependant une réelle opportunité dont les mouvements sociaux, du Nord et du Sud, devraient se saisir pour obliger leurs gouvernements à remettre enfin en cause le paiement inconditionnel de la dette publique.

Après 15 années de croissance économique, après avoir été considéré comme un des pays les plus riches de la planète, l’Islande a connu fin 2008, selon le FMI, la plus grosse crise bancaire dans l’histoire d’un pays industrialisé [1]. Cela n’a rien d’un hasard. Ces dernières années, L’Islande a appliqué ce qu’on peut appeler un « pur néolibéralisme ». Le secteur bancaire, intégralement privatisé en 2003, a tout fait pour attirer les capitaux étrangers. Ils ont notamment développé les fameux comptes en ligne qui, via la réduction des coûts de gestion, permettent d’offrir des taux d’intérêt relativement intéressants. En à peine 4 ans, la dette extérieure des trois principales banques islandaises a plus que quadruplé, pour passer de 200% du PIB en 2003 à 900 % du PIB en 2007 ! Quand les marchés financiers se sont effondrés en septembre 2008 et que ces trois banques sont tombées en faillite, elles étaient évidemment dans l’impossibilité d’assumer leurs engagements, d’autant que l’effondrement de 85% de la valeur de la couronne face à l’euro n’a fait que décupler la dette. Vu l’ampleur de la faillite bancaire, plus personne n’a voulu leur prêter de l’argent ou financer un quelconque sauvetage. Les robinets se sont fermés.L’Union européenne et le FMI « conseillent » alors au gouvernement islandais de socialiser les pertes du secteur financier en reprenant à sa charge les dettes des banques. Pour trouver les financements nécessaires au remboursement de cette nouvelle dette nationalisée, les « conseils » du FMI sont clairs : couper dans les dépenses publiques, en particulier dans la santé et l’éducation, augmenter les impôts sur le travail et les taxes indirectes, et appliquer une politique monétaire restrictive (augmentation très forte des taux d’intérêt). Ces politiques ressemblent comme deux gouttes d’eau aux mesures d’ « ajustement structurel » que les pays du Sud appliquent depuis plus de 25 ans maintenant, avec les résultats que l’on sait.

Il s’agit en plus de ne pas traîner. l’Islande est en effet censée trouver, d’ici l’automne 2009, les fonds pour rembourser sa dette, en particulier à l’égard des investisseurs britanniques et hollandais, faute de quoi, l’adhésion de l’Islande à l’Union européenne serait menacée. S’ils acceptent ce « deal », ou plutôt cette menace, cela impliquerait une austérité maximum et provoquerait une explosion de la dette extérieure publique de l’Islande qui atteindrait 240% du PIB.Le néolibéralisme n’a pas tenu ses promesses, c’est le moins qu’on puisse dire : explosion du chômage et de la dette publique, surendettement des ménages, dont certains se voient expulsés de leurs maisons, taux d’intérêts prohibitifs, etc. Alors que les mobilisations avaient déjà forcé le gouvernement à démissionner en janvier 2008, cette attitude du FMI n’a évidemment fait qu’accroître le mécontentement général, et des manifestations, phénomène rarissime pour ce pays, se sont amplifiées, en particulier devant l’Althing, le parlement islandais. Dans ce contexte, ce même Parlement a adopté fin août une résolution stipulant que le gouvernement consacrera maximum 6% de la croissance de son PIB au titre du remboursement de la dette. Et si la croissance économique n’est pas au rendez-vous, l’Islande ne paiera rien.

Soyons réaliste, cette mesure ne constitue pas un acte que l’on pourrait qualifier de révolutionnaire. Premièrement, il faut souligner que l’Islande se retrouve dans cette situation parce qu’elle a accepté de nationaliser une dette privée. Ensuite, un taux de croissance économique ne devrait pas automatiquement signifier des capacités de paiement accrues. La répartition des richesses créées et les priorités du budget doivent être décidées en fonction des besoins des citoyens et non selon les intérêts des créanciers. Plus important : la dette n’est en rien annulée. Au mieux, le remboursement sera reporté dans le temps. Il n’y a pas d’audit en vue et donc pas non plus de possibilité de remettre en cause la légitimité et la légalité de cette dette.Cependant, cet acte montre une chose essentielle : lorsqu’il y a une volonté politique, souvent voire toujours née de mobilisations sociales importantes, il est possible de désacraliser le caractère non négociable du remboursement de la dette publique et de prendre des mesures concrètes qui vont à l’encontre des intérêts des créanciers.Les mouvements sociaux, du Sud et du Nord, devraient donc se servir de cet exemple et pousser leurs gouvernements à arrêter de rembourser en invoquant les arguments juridiques de l’ « état de nécessité » et de « force majeure » : les peuples ne sont pas responsables de la crise capitaliste actuelle et, vu la conjoncture, rembourser signifie concrètement la dégradation générale des conditions de vie pour les peuples du Nord et la mort, au sens premier du terme, pour des millions de gens dans le Sud. Quand Geir Haarde, le Premier Ministre, déclare qu’« il y a beaucoup d’arguments légaux qui justifient de ne pas payer » [2], il a tout à fait raison. Ne l’oublions pas, comme le stipule l’article 2 de la Déclaration sur le droit au Développement de 1986, Les États ont « le droit et le devoir de formuler des politiques de développement national appropriées ayant pour but l’amélioration constante du bien-être de l’ensemble de la population ». Poser un moratoire immédiat sur le remboursement et lancer un réel processus d’audit, transparent et démocratique, afin d’avancer vers la répudiation de cette dette odieuse, illégitime et qui asservit les peuples, est plus que jamais à l’ordre du jour, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. « One solution, repudiation ! »
Olivier BONFOND (CADTM)

Geir Haarde
[1] « Selon le FMI, la faillite des banques pourrait coûter aux contribuables plus de 80% du PIB. Relativement à la taille de l’économie, cela représenterait environ 20 fois ce que le gouvernement suédois a payé pour sauver ses banques au début des années 1990. Cela équivaudrait à plusieurs fois le coût de la crise bancaire au Japon il y a une dizaine d’années » (“According to the IMF, the failure of the banks may cost taxpayers more than 80% of GDP. Relative to the economy’s size, that would be about 20 times what the Swedish government paid to rescue its banks in the early 1990s. It would be several times the cost of Japan’s banking crisis a decade ago”.) « Cracks in the crust », The Economist, 11 décembre 2008.
08:00
Écrit par Patrice
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05.10.2009
Pour un travail décent
17:48
Écrit par Patrice
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03.10.2009
La Belgique a-t-elle encore un avenir ?

Les nationalistes flamands se préoccupent beaucoup du futur statut de la Région de Bruxelles, à 92% francophone. La Flandre doit-elle prendre son indépendance sans Bruxelles, en perdant sa main-mise économique et politique sur une Région qui n’est pas la sienne, ou doit-elle prendre son indépendance en annexant Bruxelles de force, avec le risque de provoquer une insurrection populaire? Le "mouvement flamand" (VVB), annonce sur son site web qu’il organise des débats avec la participation du "Voorpost" et du "Vlaams-nationale debatclub", deux organisations de l’extrême droite flamande selon le site RésistanceS

Le "Voorpost" est une milice privée paramilitaire ouvertement néo-nazie. Elle est dirigée en Belgique par Luc Vermeulen, ancien chef du service d'ordre du Vlaams Belang (VB). A l’étranger, trois sections ont été mises sur pied: une dans le Nord de la France (dans le Pas-de-Calais), une aux Pays-Bas et une en Afrique du Sud. Elle a organisé un débat le 25 septembre 2009 avec la participation de Frans Crols (ancien rédacteur en chef du magazine Trends-Tendance), Johan Van den Driessche (président du VtbKultuur et dirigeant de l’organisation patronale flamande VOKA), et Peter De Roover (secrétaire politique du VBB).

Ce "club de débat national-flamand" est fortement influencé par les idées d’extrême droite. Le VNDK, depuis 1980, organise régulièrement des débats avec des personnalités connues du monde politique, médiatique ou des affaires comme Mark Grammens (publiciste), Jacques Isorni (un des avocats du maréchal Pétain), Philip Dewinter (VB), Bart De Wever (N-VA), Roeland Raes (vice-président du VB), Siegried Verbeke (meneur des négationnistes en Flandre), etc. Un débat est organisé le 8 octobre 2009 avec Frans Crols, Paul De Ridder (N-VA) et Bart Laeremans (Vlaams Belang).
Note d'Acide
Il ne faut pas aller au Honduras pour voir des patrons se compromettre publiquement avec les fascistes !
22:03
Écrit par Patrice
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