17/11/2009

Le Sommet Mondial sur la Sécurité alimentaire doit s’occuper des causes internationales de la faim


FIAN


Bruxelles 16.11.2009 – L’organisation internationale des Droits del’Homme, FIAN International, exige du Sommet Mondial sur la Sécurité alimentaire qui vient de commencer à Rome une analyse autocritique et un changement d’orientation de la politique alimentaire mondiale. En 1996, les gouvernements ont promis de diminuer de moitié d’ici 2015 le nombre des affamés. « Le nombre de personnes qui souffrent de la faim et de la malnutrition a augmenté et dépasse aujourd’hui le milliard, ce qui est un scandale sans précédent de la politique mondiale », critique Flavio Valente, secrétaire général de FIAN International. « La communauté des Etats doit reconnaître ouvertement son échec et nommer clairement les causes. La politique alimentaire mondiale doit être coordonnée de manière plus démocratique et transparente à partir d’une ONU renforcée et le suivi doit se fonder sur le droit humain à l’alimentation.»


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Pour FIAN, la déclaration finale dissimule quelques-unes des principales causes de la faim. « La déclaration ne mentionne à aucun moment la vente de terres agricoles de pays d’Afrique et d’Asie à des Etats et des compagnies étrangères», commente Sofía Monsalve, experte en politiques agraires chez FIAN International. « Pour ce qui est de la spéculation et des agrocarburants– deux des principales causes de la flambée des prix – la déclaration se limite à recommander de réaliser des études et d’entamer un dialogue. En même temps, elle exige une plus grande ouverture des marchés agricoles mais ne mentionne pas les effets nuisibles du dumping agricole. La combinaison de l’ouverture des marchés et du dumping menace le droit àl’alimentation de millions de paysannes et de paysans », explique Monsalve. « Les pays industrialisés devront finir par reconnaître leur responsabilité par rapport à la réalisation du droit à l’alimentation,s’ils veulent à nouveau être crédibles. »


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Au niveau des résultats concrets de ce sommet, FIAN demande que soient adoptées des mesures convaincantes pour réformer et stabiliser l’ONU dans le domaine de la nutrition mondiale. « Le Comité de la sécurité alimentaire des Nations Unies qui a connu une réforme en octobre devra dans le futur coordonner le système alimentaire international, développer une stratégie globale et assurer le suivi des programmes nationaux et internationaux »,exige Flavio Valente. Tout cela devrait être basé sur les Directives pour le droit à l’alimentation qui ont été adoptées à l’unanimité par les Etats membres de la FAO en 2004.


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FIAN met en garde sur le danger que supposent les tentatives menées par les Etats-Unis et d’autres Etats pour marginaliser dès le début le Comité sur la Sécurité alimentaire mondiale. Certains Etats veulent transférer à un fonds de la Banque mondiale les 20 milliards de dollars que le G8 a décidé d’investir dans l’agriculture des pays en voie de développement.« Si ces ressources financières sont transférées à la Banque mondiale, l’ONU sera hors jeu », prévient Valente. « Ni les gouvernements des pays en voie de développement, ni la société civile ne pourront alors prendre part aux décisions relatives à l’assignation des fonds »,continue Valente. « Les gouvernements nationaux doivent s’évertuer à empêcher ce revers et ils doivent s’engager pour obtenir un mandat fort pour le Comité de la Sécurité alimentaire mondiale récemment réformé »,conclut Monsalve.


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00:14 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme |  Facebook |

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