21/09/2010

Qui se cache derrière la fondation Bill Gates ?

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Don de semences OGM : à qui profite l’aide humanitaire ?

Créée en 1994 par le fondateur de Microsoft, William H. Gates, la Fondation de Bill et Melinda Gates exerce une forte influence sur les politiques mondiales de développement agricole, générant des centaines de millions de dollars afin de soutenir des projets incitant paysans et agriculteurs à utiliser les semences et produits agrochimiques génétiquement modifiés de Monsanto. Selon La Via Campesina (1), mouvement international de paysans, celle-ci s’est d’ailleurs récemment portée acquéreuse de 500 000 actions de la compagnie Monsanto pour la somme de 23 millions de dollars. 

Depuis 2006, la Fondation Gates collabore avec la Fondation Rockfeller, décrite comme un fervent promoteur des OGM à destination des populations pauvres. Cette collaboration travaille à la mise en place de l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA), programme qui permettrait aux semences GM commercialisées par Monsanto, DuPont et Syngenta de faire leur entrée sur le continent africain. D’après La Via Campesina, au Kenya, environ 70 % des bénéficiaires d’AGRA travailleraient directement avec Monsanto et près de 80 % des financements de Gates dans le pays seraient dédiés à la biotechnique. En outre, plus de 100 millions de dollars de subventions auraient été accordés à des organisations kenyanes liées à Monsanto. 

Sous couvert de dévouement humanitaire, la Fondation ouvre donc de nouveaux marchés à Monsanto, bien qu’il s’impose déjà comme le plus grand semencier du monde. Ainsi, en avril 2010, la Fondation Gates ainsi que les ministres des finances des USA, du Canada, d’Espagne et de Corée du Sud s’engagèrent à financer 880 millions de dollars dans l’optique de créer le programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP), géré par la Banque mondiale. En juin, le GAFSP aurait fait don de 35 millions de dollars à Haïti afin d’élargir l’accès des petits paysans aux « intrants agricoles, à la technologie et aux chaînes de production ». Selon La Via Campesina, le mois précédent, Monsanto aurait annoncé son intention de donner 475 tonnes de semences à Haïti, étant entendu que celles-ci seraient distribuées par l’Agence américaine au développement international (USAID). Or, détail notable, l’administrateur d’USAID, Rajiv Shah, travaillait auparavant pour la Fondation Gates, avant d’être employé par le gouvernement d’Obama en 2009. 

Œuvrant également en amont, la Fondation aurait attribué en 2008 la modique somme de 26,8 millions de dollars à l’université de Cornell pour la recherche sur le blé. Par la suite, c’est au tour de l’université de l’Etat de Washington de se voir offrir la somme de 1,6 millions de dollars en vue de développer des variétés de blé OGM résistant à la sécheresse. 

Condamnant « ce détournement de l’aide humanitaire à des fins commerciales et cette privatisation des politiques alimentaires », la Via Campesina tire la sonnette d’alarme. Selon le site Internet de la Fondation de Bill et Melinda Gates, plus de 100 nouvelles variétés de semences améliorées seraient déjà en circulation sur le continent africain dans le cadre d’AGRA. Ce constat illustre la logique implacable de rentabilité des grandes multinationales, Gerald Steiner, vice-président de Monsanto, ayant d’ailleurs déclaré : « (…) Nous voulons faire le bien dans le monde mais nous voulons aussi satisfaire nos actionnaires ». 

D’après l’ONU, 75 % de la diversité génétique des plantes du monde ont disparu à mesure que les paysans abandonnaient leurs semences natives pour utiliser les variétés génétiquement modifiées. En l’absence de semences natives propres aux différents microclimats, et capables sur plusieurs générations de s’adapter aux conditions climatiques changeantes, les paysans se rendent de plus en plus vulnérables face aux bouleversements climatiques.   
Cécile Cassier 17-09-2010

19:41 Écrit par Patrice | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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