31/12/2009

Que vaut une vie pour un supermarché ? Une canette de bière !

20 minutes

 

L'info brute (sans jeu de mots)

Quatre vigiles d'un supermarché Carrefour de Lyon seront présentés devant un juge d'instruction jeudi matin, après le décès mardi «par asphyxie mécanique» d'un homme de 25 ans interpellé dans leur magasin, a annoncé ce mercredi le parquet de Lyon à l'AFP.

La victime, sans domicile connu, est morte lundi après-midi dans un centre commercial lyonnais. Selon Le Progrès, l'homme a été «pris de malaise alors qu’il était maintenu au sol par des agents de sécurité».

Le jeune homme était en train de voler des bouteilles de bière, précise le quotidien, quand il est intercepté par trois agents de sécurité. Il est alors conduit dans la salle de contrôle où il «se débat violemment», continue Le Progrès, en attendant l’arrivée de la police.

Enregistrements sonores et vidéos

Carrefour, cité par le quotidien lyonnais, relate que le jeune homme cesse soudain de bouger. Il est alors installé sur une chaise, inconscient. Malgré les tentatives pour le réanimer, il meurt dans les heures qui suivent. Selon l'avocat David Metaxas, représentant un vigile et le responsable de la sécurité, contacté par 20minutes.fr, les agents de sécurité, après la perte de connaissance, «lui ont prodigué les premiers secours, en tentant de le réanimer avec un massage cardiaque puis un défibrilateur.»

David Metaxas, explique que ses clients «ont été professionnels. Ils ont gérés une situation extrême. Ils ont dû maîtriser et tenter de raisonner une personne sous l'emprise de l'alcool.» Quatre personnes, les trois vigiles et le manager, ont été placés en garde-à-vue. Celle-ci a été prolongée ce mercredi midi, déclare David Metaxas. L'avocat précise que des enregistrements vidéos et sonores dans la pièce confirment la version des vigiles.

Commentaires

Dérapage ? Encore un ? 

Fernand Raynaud dans un schetch, il est vrai fort peu connu, dénonçait déjà "l'homme au brassard" qui se permettait d'arrêter un médecin, lors d'une festivité locale, parce qu'il avait un morceau de tissu au bras. Alors vous vous imaginez, un uniforme ! 

S'il en est de sympathiques, ne généralisons pas, il faut bien remarquer que la majorité des membres de ces "polices privées" se prennent pour des Rambo. Que l'on lutte contre les vols, soit. Mais en tout il y a la manière. D'autant quand cela vient de ces entreprises ne se gênent pas, elles, de racketter, légalement, les petits producteurs en leur imposant des prix inacceptables. Et ne croyez pas, braves gens, que c'est à votre profit. Que nenni. C'est tout bénéfice pour leurs actionnaires, ces parasites qui tuent votre santé ou votre emploi au nom du dieu "profit". 

Ces milices doivent être interdites. En attendant ce jour béni, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2010. Que survienne, enfin, la révolution qui balayera le capitalisme. C'est tout le bonheur que je nous souhaite. 

2010

22:28 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme |  Facebook |

29/12/2009

Un modèle ! En pleins mois de décembre;

 

 

 

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G.D.F EN GRÈVE DE LA FAIM 

 

 

 

 

 

Jeudi 24 décembre, à 11h30, plus de 150 personnes se rassemblent, rue Pétrelle à Paris, pour apporter leur soutien aux trois syndicalistes de SUD-Energie en grève de la faim depuis onze jours (pour d’eux d’entre-eux) afin d’obtenir la réintégration d’un de leurs camarades.

Au onzième jour de grève de la faim, les mines sont plus pâlottes et les traits plus creusés, mais le moral est au rendez-vous. Particulièrement ce jeudi 24 décembre au matin, où plus de 150 personnes viennent témoigner de leur solidarité aux trois grévistes de la faim, devant l’établissement GRDF de la rue Pétrelle (Paris 9e). Yann Cochin, Pascal Chemin et René-Michel Millambourg réclament toujours la réintégration de Nordine Mahroug, licencié le 15 décembre pour «fait de grève», et la levée de toutes les sanctions à l’encontre des acteurs du mouvement social du printemps dernier à ERDF-GRDF.

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En plus des syndicats – CGT et SUD – et des collectifs Sauvons l’université et Sauvons la recherche, de nombreuses personnalités politiques sont là. Olivier Besancenot (NPA) insiste sur «la bataille démocratique» pour la liberté syndicale et pour sauver les services publics, avant d’appeler à «de vraies négociations». Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), épaulée de Martine Billard, fustige «l’attitude stupide de la direction» et promet de châtier, une fois au pouvoir «ceux qui ont utilisé de telles méthodes». Francine Bavay (AlterEkolo) dénonce le fait que, «au nom de la propriété privée», les soutiens ne puissent rendre visite à deux des grévistes de la faim dans le local qu’ils occupent. Jean-Jacques Boislaroussie (Les Alternatifs) appelle quant à lui à «[faire] plier la direction». Et Christian Picquet (Gauche unitaire) de souligner qu’«au-delà de Nordine, notre bataille est une bataille pour le service public» 

 

 

Sans aucunement appeler à la généralisation du mouvement de grève de la faim, forme d’action «individuelle» qui n’a pas pour but «de se substituer à l’action collective», Yann Cochin fait part de sa détermination: «Chacun d’entre vous que je vois me donne envie de continuer une journée de plus... La direction a du mouron à se faire!» Celle-ci interdit toujours l’accès au local syndical de l’établissement, que ce soit aux soutiens extérieurs ou à la presse. Yann Cochin, Pascal Chemin et Nordine Mahroug, qui a dû se réalimenter pour raisons médicales, y vivent retranchés sans que les négociations aient avancé d’un iota. La direction met pourtant en avant sa «tradition de dialogue social» et… «d’ouverture»! Elle justifie la fermeture (des portes) par la volonté de «ne pas perturber la sérénité des personnes travaillant sur le site». Ce jeudi matin, c’est raté.

Dans la rue parallèle, rue Condorcet, René-Michel Millambourg, le troisième gréviste de la faim, contraint par les vigiles de continuer son mouvement à l’extérieur, a planté sa tente face au siège social de GRDF (voir la vidéo). Comme ses deux autres camarades, il reçoit la visite des personnes venues les soutenir. Lui aussi garde le moral, même s’il reconnaît que sa mise à la rue – il est considéré par la direction comme «extérieur à l’entreprise» – va avoir un impact sur sa condition physique. Et d’espérer que l’étourdissant silence médiatique cesse au plus vite.

Mathieu Schmitt

 

 

03:17 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : capitalisme, justice sociale |  Facebook |

Chez nous, on n'en parle même plus. Pauvre B...

 

 

INTERVENTION DE L'ÉTAT : FRIC À GOGO POUR LES PATRONS

Annonce de mesures symboliques contre les bonus des banquiers d’un côté, dizaines de milliards distribués d’un autre aux plus grosses entreprises dont on apprend qu’elles paient trois fois moins d’impôts que les PME: l’État est au service exclusif des plus riches.

Les banquiers crient au scandale. Sarkozy, dans les pas de Gordon Brown, le Premier ministre anglais, projette de taxer les bonus mirobolants que les banques versent à leurs traders pour attirer les «meilleurs». Encore il y a peu, réduits par la crise à quémander auprès de l’État des liquidités ou des garanties pour lever des fonds sur les marchés, voilà maintenant que les banquiers protestent face à l’annonce de mesures dont même la presse patronale indique qu’elles ne seront que symboliques.

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Mais n’est-ce pas l’essentiel pour Gordon Brown, à quelques mois d’élections législatives, et pour Sarkozy avant les régionales? Celui-ci avait été le premier à dénoncer ces «bonus gigantesques» en septembre… 2008, à New York. Quinze mois plus tard, il annonce vouloir passer aux actes. Et très opportunément, ces mesures seraient discutées lors de l’examen de la loi de finances rectificative… début 2010, avec, on peut l’imaginer, force publicité.

Mais cette mise en scène est bien incapable de donner le change alors que l’État ne cesse de subventionner, par tous les biais possibles, le patronat des plus grosses entreprises. Ainsi, le Grand emprunt sur lequel Sarkozy et son gouvernement viennent de rendre les derniers arbitrages. Il y aurait, nous dit-on, 11 milliards d’euros pour les universités et 8 milliards pour la recherche. Mais, loin d’être destinée à tous les étudiants, cette manne ne servira qu’à une dizaine de campus dans le cadre d’une privatisation de l’enseignement supérieur dont l’objectif est de fournir aux grandes entreprises des dirigeants et des cadres supérieurs formés à leurs besoins. Même chose pour la recherche qui est un de leurs postes budgétaires les plus coûteux.

université

(...)

 

Un rapport officiel publié la semaine dernière a révélé que les sociétés du CAC40 paient trois fois moins d’impôts sur les bénéfices que les PME. Plus les entreprises sont riches et puissantes, moins elles paient d’impôts, confirme cette étude, grâce à tous les procédés légaux par lesquels l’État leur permet d’échapper à la taxation (niches fiscales, paradis fiscaux, transferts de bénéfices dans d’autres pays, etc.).

Tout cela n’a pas empêché Sarkozy, lorsqu’il a présenté le Grand emprunt, de déclarer: «Il faut dépenser moins et dépenser mieux», et de confirmer la tenue en janvier d'une «conférence sur le déficit de la France», au cours de laquelle ce sont les dépenses utiles à toute la population qui seront dénoncées.

En réalité, les dépenses dont il est urgent d’imposer l’interdiction, ce sont les subventions à fonds perdus aux banques et aux multinationales qui, dans le même temps, font un profit supplémentaire en prêtant contre intérêt à ce même État dont elles creusent la dette.

Galia Trépère

impôts

01:55 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, justice fiscale |  Facebook |

06/12/2009

Le Tamiflu renforcerait l’infectiosité du virus H1N1, selon Elsevier Science Inc. ?

Les mots ont un sens

Cet article est extrait du blog "Mecanopolis". Si j'ai mis un point d'interrogation au titre, c'est parce que l'accès au site Sciencedirect cité comme source est payant. Et c'est pas donné. C'est donc sous toute réserve que je vous soumets ce texte.

C’est le plus grand éditeur de littérature scientifique, Elsevier Science, qui est à l’origine d’une étude à propos de l’efficacité du Tamiflu sur le virus H1N1, discrètement publiée à la fin du mois d’octobre par le siteScienceDirect. Bien sûr, aucun média n’a depuis repris cette information qui indique que, loin d’être un médicament efficace pour le traitement de la grippe A actuel, l’antiviral du laboratoire Roche en renforcerait l’infectiosité.

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L’étude d’Elsevier explique que si l’oseltamivir (molécule du Tamiflu) a démontré une probable efficacité contre l’activité grippale dans la pratique clinique, en particulier sur le H5N1, son efficacité n’a jamais été vérifiée face à des sous-types du virus A, et en particulier celui de la pandémie actuelle, le H1N1.

 

Lors de tests in vitro, les chercheurs d’Elsevier ont démontré que, dans le cadre du H1N1, le Tamiflu provoquait un effet stimulant sur l’activité infectieuse du virus. Résultats qui a été confirmé par deux autres tests clinique, et qui ne devrait pas tarder a être confirmés par d’autres études complémentaires.

 

Nous avions déjà expliqué, sur le Forum Mecanopolis, que le but du Tamiflu n’était pas de s’attaquer pas directement au virus, mais qu’il était sensé empêcher sa réplication dans les cellules du malade. En clair, que ce médicament n’avait aucun effet au niveau individuel, mais pouvait s’avérer utile sur le plan collectif en réduisant la charge virale chez celui qui le prend, et diminuer ainsi le risque de contamination.

 

L’étude d’Elsevier démontre exactement le contraire. L’usage du Tamiflu serait contre-productif, à tous les niveaux.

Article rédigé le 05 déc 2009, par Spencer Delane

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Source : Forum Mecanopolis

 

 

19:03 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sante, capitalisme |  Facebook |

27/11/2009

Le crash de Dubaï, une preuve (de plus) que rien n'a changé


Marianne


Sans aucun revenu propre, Dubaï s'est payé des années durant une vie de rêve immobilier et financier sur le pétrole de ses voisins. Une «bulle» dont tout le monde connaissait l'existence. Insolvable pour 80 à 90 milliards. Dubaï pourrait bien trinquer pour un système que personne n'a voulu réformer, de peur de se priver d'argent facile.


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Dubaï, terre de mirage : sur ce bout de sable, seuls poussent les grattes-ciels, les aéroports et les profits financiers. Même pas une goutte de pétrole pour les jours de crise : dommage, l'émirat en aurait bien besoin... Quand le fond Dubaï World a annoncé jeudi 26 novembre son incapacité à honorer un sukuk (créance islamique) de 3,5 milliards de dollars, le rideau est tombé, révélant les 59 milliards de dette de cette société et les 80 à 90 milliards d'endettement de l'Etat. Dubaï est une illusion en faillite.


CES EXPERTS QUI SAVAIENT... MAIS ONT PRÉFÉRÉ S'ENRICHIR JUSQU'AU DERNIER MOMENT


Cette bulle, c'est le pétrole des émirats voisins (notamment Abu Dhabi) qui l'a faite gonfler : rassurées par cette garantie en or noir, les banques arabes, européennes (dont la BNP et le Crédit agricole) et américaines ont prêté sans penser aux lendemains qui déchantent... Dubaï a ainsi mené grand train des années durant, sans que personne vienne critiquer, chacun touchait sa part du gâteau en juteux intérêts. Jusqu'au jour où l'émir Al Nahyan a refusé de se porter garant.


Malgré le sommet de Pittsburgh et tous les beaux discours, personne n'avait vu venir le coup : prises de court, les agences de notation n'ont corrigé que très tardivement le tir, dégradant six des plus importants groupes du pays. Ce qui n'a pas empêché les principales bourses européennes de dévisser de plus de 3%. Les analystes s'époumoneront, comme ils le faisaient dès vendredi matin à la radio radio, à dire qu'ils «savaient». Comme le remarquait Daniel Schneidermann, ils ne seront pas les seuls à devoir trouver des excuses : des années durant, des journalistes ont filmé avec émerveillement ce conte des Milles et une nuit immobilier, faisant rêver la France, ses banques, ses investisseurs...


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13 MILLIARDS D'EUROS ENGAGÉS PAR DES BANQUES EUROPÉENNES, SONY, EADS ET DAIMLER EXPOSÉS...


Mais le réveil est difficile : selon Crédit suisse, l'engagement des banques européennes à Dubaï s'élèverait à 13 milliards d'euros. Sur quoi ont-elles misé ? Sur du sable et des immigrés pakistanais, indiens et indonésien (Dubaï est le premier pourvoyeur de devises étrangères du pays) amenés dans le pays pour ériger des tours vides à la gloire du pognon extorqué à leurs voisins dans le plus grand respect des règles éthiques de la finance islamique. Encore un pseudo rempart contre la crise qui s'est effondré... et dont les experts aussi connaissaient la fragilité !


Et ce n'est pas la dernière cloison qui tombera. Avec tous ses profits tirés de la spéculation immobilière et financière, Dubaï s'était constitué un sympathique portefeuille d'actions : Sony, EADS, Daimler... Si l'émirat devait se séparer de ces actions (seuls réelles ressources dont il dispose), ce sont ces entreprises qui trinqueraient et, après elles, leurs employés. Sans parler de la crise de confiance envers les pays du Golfe qui s'en suivrait. Après l'effondrement de la bulle, voici le circuit par lequel une nouvelle crise pourrait se propager.


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Marianne écrit


UNE IMPLOSION QUI AURAIT PU ÊTRE ÉVITÉE... SI LE CAPITALISME AVAIT ÉTÉ RÉFORMÉ !Mais, les «experts» vous le répéteront : tout cela, ils le savaient. Malgré cela, ils n'en ont pas tenu compte, n'ont pas prévu l'effondrement et n'ont rien fait pour empêcher la bulle de se former. Pourquoi ? Chacun y trouvait son compte : les spéculateurs immobiliers, les banques prêtant à de généreux taux à l'émirat, les entreprises qui accueillait les gras pétrodollars dans leur capital...


Pour enrayer la machine, il aurait fallu renoncer à l'argent facile, surveiller la solvabilité réelle de Dubaï, contrôler les permis de construire, ainsi que le salaire des ouvriers importés pour l'occasion et traités comme du bétail... Bref, il aurait fallu réformer le capitalisme. Un effort dont les fameux experts sont malheureusement incapable. Mais ça, c'était fort prévisible.


Nous estimons


Que le capitalisme est incapable de se réformer parce que, justement, ses bases sont l'argent facile, la servilité des travailleurs, le profit à tout prix. Réformer ces postulats, ce sont les miner. Et quand on abat les bases d'un système, il s'effondre. Le plus tôt sera le mieux.


revolution

16:02 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme |  Facebook |

26/11/2009

Les hommes politiques, valets des patrons. Dernier épisode en date.

 

eco89


l y a de l'indécence dans l'air. Celle du ministre de l'Industrie Christian Estrosi, qui parle de « courage » pour justifier la demande du nouveau PDG d'EDF de doubler son salaire par rapport à celui de son prédécesseur. Celle d'Henri Proglio, qui débarque à la tête d'une entreprise de service public en exigeant de maintenir ses avantages financiers acquis dans une des grandes multinationales privées françaises.
Ministre d'un Président qui prône sur la scène internationale la moralisation du capitalisme et la modération des revenus, Christian Estrosi a déclaré mercredi matin sur France 2 :


« Il faut faire preuve d'un peu de courage si nous voulons avoir les meilleurs capitaines d'industrie pour diriger nos plus grandes entreprises. »

 

http://www.dailymotion.com/video/xb9rt8_estrosi-avoir-le-...

 

Quel argument ! Que Christian Estrosi avance la nécessité de payer au prix fort de grands « capitaines d'industrie » est une chose. Mais mettre en avant le « courage » qu'il y aurait à doubler le salaire du PDG d'une entreprise d'Etat en pleine période de crise, alors qu'un demi-million de personnes ont perdu leur emploi ? Ce mot noble vient d'être dévalorisé au rang de carpette par un ministre de la République.


L'opinion publique est-elle choquée ?


Ajoutant la maladresse à l'indignité, Christian Estrosi souligne qu'avant d'accepter la demande d'Henri Proglio, il conviendra de s'assurer que « ça ne choque pas l'opinion publique ».


Comment faudra-t-il faire passer le message aux hautes sphères de l'Etat ? Faudra-t-il commander un sondage de plus payé par l'Elysée, ou cette déclaration n'est-elle pas une invitation à aller manifester sous les fenêtres du ministre de l'industrie ?


Dans les Echos, lundi, Henri Proglio négociait en public son salaire à la veille de sa nomination, ce mercredi, en Conseil des ministres :


« Si je pouvais garder le niveau de revenu que j'avais chez Veolia, il me semble que ce ne serait pas choquant en soi pour une entreprise qui pèse 70 milliards d'euros en Bourse. »


Le salaire de Proglio à Veolia, c'était la bagatelle de 1 617 207 euros en 2008. Par comparaison, le salaire de Pierre Gadonneix, le précédent PDG d'EDF, n'était « que » de 765 731 euros en 2008, hors part variable.


L'argument le plus déconcertant de Christian Estrosi, dans son entretien avec Christian Sicart, son interviewer de France 2, a été de lui dire que s'il avait des responsabilités nouvelles mais qu'on lui disait qu'il serait moins payé, il le vivrait mal… Comparer le salaire d'un journaliste avec celui de l'un des patrons les mieux payés de France sur le ton du « bon sens près de chez vous » a tout de la démagogie.


Valeurs du privé et valeurs du public


Henri Proglio, un patron « politiquement incorrect » selon son portrait dans Les Echos, est sans doute un « capitaine d'industrie » aux compétences incroyables : ce n'est pas l'objet du débat. En prenant la tête d'une entreprise de service public, il s'honorerait à donner un sens aux mots, et à ne pas se comporter comme le chef d'une entreprise du privé… qu'il est, de fait, resté, conservant un pied chez Veolia, et un autre chez EDF.


Si le mot « courage » avait un sens, c'est là qu'il trouverait sa valeur : non pas en défendant l'indéfendable comme l'a fait notre ministre en service commandé venu soutenir l'introduction dans le secteur public les valeurs du privé, surtout lorsque ces valeurs sont dénoncées par les mêmes, par ailleurs, comme étant au coeur de la crise de système que nous sommes en train de vivre.


Par Pierre Haski | Rue89 | 25/11/2009

 

 

 

21:24 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme |  Facebook |

25/11/2009

Et pour le vaccin contre la grippe H1N1 ?


Les mots ont un sens


Scandale Vioxx : Merck a laissé mourir des dizaines de milliers de personnes


Merck, le laboratoire ayant commercialisé le Vioxx entre 1999 et 2004, n'a pas publié le résultat de ses recherches qui montraient dès 2001 que son médicament augmentait nettement le risque de crise cardiaque. Résultat : plus de 30 000 morts, rien qu'aux Etats-Unis.


La FDA (Food and Drug Administration, agence de régulation des médicaments) estime que le Vioxx, médicament anti-douleur et anti-inflammatoire largement utilisé contre l'arthrite entre 1999 et 2004, a provoqué 160 000 crises cardiaques et attaques cérébrales et serait à l'origine d'environ 30 000 décès, rien qu'aux États-Unis. Il a été retiré du marché en 2004 par son fabricant, le laboratoire Merck, alors que les rumeurs de dangerosité commençaient à se faire insistantes. Pourtant, malgré ces chiffres, le laboratoire a toujours nié les dangers liés à l'utilisation de son produit. En 2007, la firme a tout de même accepté un règlement à l'amiable concernant 95% des 26.600 plaintes, pour un montant de 5 milliards de dollars, sans toutefois reconnaître sa culpabilité.


vaccins-armes-biologiques


Les dirigeants de Merck savaient


Mais certains plaignants ont refusé de négocier, et les procès qui suivent leur cours dévoilent régulièrement quelques cadavres, bien planqués au fond des placards. Le bimensuel Archives of Internal Medicine vient notamment de révéler que Merck n'avait pas publié les résultats d'études cliniques effectuées après la mise sur le marché du médicament. Un oubli, sans doute. Fâcheux, puisque ces études montraient dès 2001 que le Vioxx augmentait nettement le risque d'attaques cardiaques et cérébrales.


Entre 35 et 43% d'accroissement du risque


L'analyse des données mises à jour par la justice a montré qu'en décembre 2000, 21 des 30 essais cliniques impliquant plus de 20.000 personnes étaient terminés. Et le risque présenté par le Vioxx était alors évident. En juin 2001, de nouvelles données indiquent que le médicament induit un accroissement de 35% du risque d'accidents cardiovasculaires ou de décès. En avril 2002, le chiffre est revu à la hausse à 39%. En septembre 2004, Merck annonce le retrait du marché de sa molécule miracle, l'accroissement du risque est alors évalué à 43%. Mais le laboratoire continue de nier tout risque sanitaire... En bref, les dirigeants de Merck ont préféré accumuler les profits (2 milliards de dollars tous les ans) plutôt que d'interrompre la vente d'un médicament qu'ils savaient mortel !


industrie pharmaceutique


L'industrie pharmaceutique mise en cause


Ce scandale soulève une nouvelle fois le problème du process d'autorisation de mise sur le marché des médicaments. Celui-ci se fonde uniquement sur les études jugées "publiables" par les firmes pharmaceutiques, en aucun cas contraintes de publier l'intégralité de leurs recherches. Il suffit donc que quelques études affichent des résultats positifs, quand bien même 100 autres s'avèreraient négatives. En l'occurrence, plusieurs équipes de chercheurs ont montré qu'entre 6 et 43% seulement des études des firmes pharmaceutiques étaient publiées ! Les autres étant jalousement gardées secrètes. Pas vraiment rassurant...


Certaines d'entre elles ont d'ailleurs été totalement falsifiées, comme l'a révélé l'affaire "Scott S. Reuben", un des plus grands scandales de l'histoire de l'industrie pharmaceutique (le Vioxx était déjà concerné). Affaire totalement passée sous silence en France. Autre problème : la surveillance épidémiologique de l'innocuité des médicaments, après leur mise sur le marché. La FDA réfléchit actuellement à un nouveau modèle. Mieux vaut tard que jamais...


25 novembre 2009 14:12, Les mots ont un sens, par Napakatbra

16:38 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sante, capitalisme |  Facebook |