15.12.2009

Yémen, les femmes sont systématiquement victimes d'actes de discrimination


amnesty


Au Yémen, les femmes sont systématiquement victimes d'actes de discrimination et de violences, autant de pratiques qui ont des conséquences dévastatrices sur leurs vies. Si leurs droits sont régulièrement bafoués, c’est que la législation yéménite et les pratiques tribales et coutumières classent les femmes dans une catégorie de citoyens inférieure.


Ces violences contre les femmes commises par l’État, la société et la famille sont endémiques. En outre, les femmes yéménites ne sont pas libres d’épouser l’homme qui leur convient et certaines sont encore des enfants, parfois âgées de huit ans seulement, lorsqu’on les contraint à se marier. Une fois mariée, une femme doit obéir à son époux et obtenir son autorisation pour la moindre sortie. L’égalité de traitement n’est pas assurée non plus en matière d'héritage, les femmes se voyant souvent spoliées de tout droit à la succession.


voile (02)


Les femmes accusées d’actes « immoraux » sont sanctionnées plus sévèrement que les hommes, et ces derniers ont droit à l’indulgence lorsqu’ils tuent des femmes de leur famille pour des questions d’« honneur ».


Ces lois et pratiques discriminatoires encouragent et favorisent les violences contre les femmes, qui sont monnaie courante au sein des familles et dans l'ensemble de la société.


Il est donc urgent de procéder à des réformes. Amnesty International engage les autorités yéménites à mettre fin à la législation discriminatoire et à la violence à l'égard des femmes.


À l’occasion de la campagne « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes » Amnesty International a publié un document intitulé La face cachée du Yémen. Discrimination et violences contre les femmes et les filles (MDE 31/014/2009), qui fournit des informations plus détaillées sur la nature des violations ainsi que sur les recommandations particulières aux autorités yéménites.


http://www.isavelives.be/fr/node/4610


enfants_voiles


A cet âge, un choix ? Vraiment ?

14:34 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : laicite |  Facebook |

29.11.2009

Reportage inquiétant de Deutsche Welle TV

DW_TV

 

Qu'est ce que Deutsche Welle TV ?

Deutsche Welle (DW) est la télévision internationale d’Allemagne. D’une station radio en ondes courtes lancée il y a plus de 50 ans, Deutsche Welle s’est transformée en un groupe multi-médias à la pointe des technologies numériques. DW-TV, DW-RADIO et le site internet DW-WORLD.DE produisent à l’échelle internationale des programmes d’information dans 30 langues différentes soutenus par une équipe qualifiée de plus de 1500 personnes dans plus de 60 pays.

Le reportage a été publié sur YouTube le 19/12/2007. Sauf avis contraire des habitants de Molenbeek, pas de son Collège échevinal, la situation n'a guère changé.

C'est inquiétant au moins à deux titres:

1° Il confirme la poussée de l'intégrisme musulman que j'assimile à une forme de fascisme. Que l'on vienne me prouver le contraire !

2° Nous risquons, si cette situation perdure, de voir, lors d'une prochaine consultation électorale, un nouveau "dimanche noir" où l'extrême-droite et les populistes auront gagné de nouveaux sièges. "Ceux qui ne connaissent pas l'Histoire sont condamnés à la revivre" affirmait Karl Marx. Que l'on se souviennent de l'Italie des années 1920 et de l'Allemagne des années 1930 ! Nous savons toujours quand commence un régime de ce type, jamais ni surtout comment cela se termine. Quoique...

J'insiste sur le fait que je ne fais nul amalgame entre les musulmans, qui comme nous, se f... pas mal de la religion, se sentent intégrés à l'instar de la jeune Marocaine qui guide les journalistes allemands et ceux qui prônent la charia comme règle de vie en Occident. Ces derniers sont minoritaires mais ce sont, toujours, les minorités qui ont mené les révolutions. 



00:46 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : laicite |  Facebook |

26.11.2009

Rectification: André Gérin est contre la burqa


rue89


Cinquante-huit députés de toutes tendances ont signé un texte pour interdire le port de la burqa en France. Leur initiative date du 8 juin 2009.


Ils réclament la création d'une commission d'enquête parlementaire pour, d'ici novembre, « définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ».
En ligne de mire : la prohibition de ce que Gérin décrit comme une « tenue vestimentaire dégradante ». Extrait de la proposition de résolution rédigée par le député PCF :


« Nous sommes aujourd'hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête dans de véritables prisons ambulantes ou du niqab qui ne laisse apparaître que les yeux. »


Parmi la soixantaine de signataires, on compte trois communistes qui se sont rangés vers l'initiateur du texte, le député-maire de Vénissieux (Rhône), André Guérin. Mais aussi sept socialistes… et quarante-trois élus UMP.


Ouf ! On respire. Je rectifie mon post précédent.


Andre_Gerin


André Gérin, député PCF


Par contre la girouette Sarko a changé de camp !


Ce qui ressemble bien à une relance de « la guerre du voile » intervient quelques jours à peine après un revirement spectaculaire de Nicolas Sarkozy sur le dossier.


Durant la visite d'Obama en France, début juin, Nicolas Sarkozy a en effet salué le discours du président américain sur le libre port du voile, y compris en Occident. Lors de leur conférence de presse près des plages du débarquement, Obama glisse un tacle :


« J'estime que la liberté d'expression religieuse revêt une importance critique qui fait partie de notre traditionlibérale, en France aussi bien qu'aux États-Unis. (…) Nous, aux Etats-Unis, notre attitude est de ne pas dire aux citoyens ce qu'ils peuvent porter (…)


La façon la plus efficace d'intégrer toutes les personnes, toutes confessions confondues, ce n'est pas de les empêcher de porterleurs vêtements traditionnels ou autres. »


Dans la foulée, Sarkozy s'empresse de répliquer :


« En France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. »


Avant de citer deux « exceptions » : « le guichet des administrations » et le cas de jeunes filles forcées de porter le voile par leur famille ou leur entourage. Pas un mot sur l'école.


nicolas.sarkozy


Pas de doute c'est notre Didje national qui est derrière lui !


Autre son de cloche chez Sarkozy en 2004Une tiédeur qui a de quoi surprendre. En France, Sarkozy est justement l'une des personnalités politiques à être montées au front contre le voile. En avril 2003, lui qui était alors ministre de l'Intérieur et donc ministre des cultes s'était invité au congrès de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France, réputée fondamentaliste).


Quinze ans après les premières premières revendications en milieu scolaire, Nicolas Sarkozy avait concocté pour l'occasion un discours musclé qui avait eu pour effet de relancer le débat sur le voile. Lequel avait débouché, onze mois de polémique plus tard, sur le vote de la loi du 15 mars 2004 prohibant les signes religieux à l'école.


Dans ce discours volontiers provocateur prononcé devant l'UOIF, le locataire de la place Beauvau avait déclaré sous les sifflets qu'il n'était pas question que les femmes musulmanes revendiquent une loi différente afin de se faire photographier voilée sur une pièce d'identité. (voir vidéo ci-dessous)

http://www.ina.fr/politique/allocutions-discours/video/22...

22:06 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laicite |  Facebook |

23.11.2009

Plaidoyer contre le voile islamique


Le grand soir


Précision: Mr André Gérin est un député PCF du Rhône, maire de Vénissieux jusqu'au 27/06/2009, co-fondateur du journal "Le Manifeste" il est en opposition ouverte avec la stratégie de la direction actuelle du PCF en animant en autres le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF".
Le 8 juin 2009, une soixantaine de députés signent sa demande de création d'une commission parlementaire contre le port du voile intégral (burka ou niqab) en public.
Source: Wikipedia


Andre_Gerin


André Gérin


Lettre ouverte à André Gérin


par Djemila Benhabib, auteure de "Ma vie à contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes" aux éditions VLB


Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes , consacrée dans la catégorie “Femmes debout”, a adressé une lettre au député André Gérin, président de la Mission d’information sur la pratique du port du voile intégral.


Monsieur,


J’ai longuement hésité avant de vous écrire. Peut-être, par peur d’être perçue comme celle venue d’ailleurs qui fait indélicatement irruption dans les « affaires françaises ». Au diable les convenances, je n’ai jamais été douée pour la bienséance surtout lorsqu’elle est au service des plus forts, des plus puissants et des plus arrogants. Puis, s’il avait fallu que je vive en fonction du regard des autres, je n’aurais rien fait de ma vie ou si peu. Lorsqu’il s’agit des droits des femmes, nulle convenance ne doit primer sur l’essentiel. L’essentiel étant : la liberté, l’égalité et l’émancipation des femmes. J’entends encore des copines françaises me dirent avec insistance : parle-lui, dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me rappellent le titre de ce magnifique film d’Almodovar, Parle avec elle, où dès les premiers instants le rideau se lève furtivement, pendant quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en scène le corps d’une femme, celui de Pina Bausch. Elle qui exprimait si bien dans ses chorégraphies crûment la violence exercée à l’encontre des femmes.


Monsieur Gérin, c’est à vous que je m’adresse, je voudrais vous parler, vous dire la peur que j’ai connue le 25 mars 1994 alors que j’habitais à Oran, en Algérie et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce jour-là, j’ai marché la tête nue ainsi que des millions d’autres Algériennes. Nous avons défié la mort. Nous avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du GIA et le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de 17 ans assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée, planait sur nos têtes nues. Il y a des événements fondateurs dans une vie et qui donnent une direction particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en est un pour moi. Depuis ce jour-là, j’ai une aversion profonde pour tout ce qui est hidjab, voile, burqa, niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or, aujourd’hui vous êtes à la tête d’une commission parlementaire chargée de se pencher sur le port du voile intégral en France.


Djemila Benhabib


En mars dernier, je publiais au Québec un livre intitulé Ma vie à contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais le ton de ce qu’est devenue ma vie en termes d’engagements politiques en écrivant ceci : « j’ai vécu les prémisses d’une dictature islamiste. C’était au début des années 1990. Je n’avais pas encore 18 ans. J’étais coupable d’être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque par vocation, je le suis par nécessité, par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps, car je ne peux me résoudre à voir l’islamisme politique gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves.


Il fut un temps où on s’interrogeait en France sur le port du voile islamique à l’école. Aujourd’hui il est question de voile intégral. Au lieu d’élargir la portée de la loi de 2004 aux établissements universitaires, nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des cercueils. Est-ce normal ? Demain, c’est peut-être la polygamie qui sera à l’ordre du jour. Ne riez pas. Cela s’est produit au Canada et il a fallu que les cours s’en mêlent. Car après tout la culture a bon dos lorsqu’il s’agit d’opprimer les femmes. Ironie du sort, j’ai constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une jupe, un acte de résistance. C’est tout de même une banlieue française qui est le théâtre du film La Journée de la jupe. Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la république française, le voile est devenu la norme. Que se passe-t-il ? La France est-elle devenue malade ?


Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de « l’identité collective musulmane ». Or, il n’en est rien. Il est l’emblème de l’intégrisme musulman partout dans le monde. S’il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout avec l’avènement de la révolution islamique en Iran en 1979. Que l’on ne s’y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leurs corps, de leur liberté et de leur sexualité.


burqa


Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme en voilant des enfants de moins de cinq ans. Il y a quelques temps, j’essayais de me rappeler à quel moment précisément, en Algérie, j’ai vu apparaître ce voile dans les salles de classe. Pendant mon enfance et jusqu’à mon entrée au lycée, c’est-à-dire en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. À l’école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les enseignants, surtout pas parmi les élèves.


Voilà 12 ans que j’habite au Québec dont la devise inscrite sur les plaques d’immatriculation des voitures est « je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la France devrait-elle se souvenir ? Qu’elle est porteuse des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C’est peu dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci vous confère des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les petits. C’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers votre Commission et que nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa.


Pour notre part, au Québec, on se souvient qu’en 1961, pour la première fois dans l’histoire, une femme, une avocate de surcroît, est élue à l’Assemblée législative lors d’une élection partielle. Son nom est Claire Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un vieux règlement parlementaire qui exigeait des femmes le port du chapeau pour se présenter à l’Assemblée législative, on la force à se couvrir la tête pendant les sessions. Elle refuse. C’est le scandale. Un journal titre : Une femme nu-tête à l’Assemblée législative ! Elle résiste et obtient gain de cause.


Claire Kirkland


Claire Kirkland


Il faut comprendre par là que nos droits sont des acquis fragiles à défendre avec acharnement et qu’ils sont le résultat de luttes collectives pour lesquelles se sont engagés des millions de femmes et d’hommes épris de liberté et de justice. J’ose espérer, monsieur Gérin que la Commission que vous présidez tiendra compte de tous ces sacrifices et de toutes ces aspirations citoyennes à travers le monde et les siècles.


Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de mon respect le plus profond.


Djemila Benhabib (02)


Djemila Benhabib

23:59 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : laicite |  Facebook |

08.11.2009

Une fois n'est pas coutume: je suis d'accord avec les Flamands!


rappel

Dans le débat sur le voile à l’école, il existe des protagonistes raisonnables. Ceux-ci défendent des thèses souvent très opposées, mais quoi de plus normal en démocratie ? On les distinguera soigneusement des racistes, qui détestent les musulmans, ainsi que des intégristes, qui n’utilisent le voile que pour affaiblir les institutions démocratiques. Les racistes et les intégristes sont en défaveur ou en faveur du voile pour de détestables raisons


Je veux débattre ici avec des interlocuteurs que je respecte. Ce qui nous distingue des racistes et des intégristes, c’est que nous partageons un certain nombre d’idéaux en ce qui concerne les missions de l’école. Nous affirmons que les cours de science doivent pouvoir être donnés sans la moindre interférence d’origine religieuse ; nous voulons que l’on enseigne à nos enfants le strict respect de l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre hétérosexuels et homosexuels ; nous affirmons que l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, et en particulier la Shoah, doit être expliquée sans pressions ni intimidations, parce qu’elle forme le socle de nos démocraties (« plus jamais ça ») ; et nous défendons la mixité, le droit des individus des deux sexes de se rencontrer, de travailler ensemble et de s’aimer sans que les familles et la société fassent intrusion dans leur intimité et leurs choix les plus personnels.


Ce qui, en revanche, nous divise, c’est ceci : les uns pensent que l’on peut tenir ce cap – vital pour l’avenir de nos enfants – en acceptant le voile à l’école, d’autres considèrent que ce n’est pas possible. Je me range parmi ces derniers pour les raisons suivantes.


voile


En 1989, quand la querelle du voile a commencé en France, le Conseil d’Etat a considéré que le port du foulard à l’école publique n’était pas en tant que tel contraire à la laïcité. Il était nécessaire que des éléments supplémentaires soient présents (pressions, prosélytisme, refus de suivre certains cours, etc.) pour que les autorités scolaires puissent prendre une mesure d’interdiction. En Belgique, les directions scolaires ont été laissées libres d’autoriser ou d’interdire, en fonction de leurs projets pédagogiques respectifs.


Une quinzaine d’années plus tard, les enseignants français ont dans leur majorité considéré la situation comme intenable. Le phénomène moderne du foulard charrie son lot de violences, de pressions et de dégradation du statut de la femme. Certes, chaque jeune fille peut le porter pour des raisons qui lui sont propres, mais le phénomène d’imposition et de pression de conformité est devenu massif. Les directions d’écoles se sont trouvées devant la tâche impossible consistant à devoir trancher entre le « bon » foulard (les bonnes élèves voilées) et le « mauvais » (la colonisation de l’espace public par des intégristes plus ou moins déguisés). Ces décisions au cas par cas sont ingérables et intrusives. La loi d’interdiction de 2004 fut votée dans un tel contexte.


En Belgique, les directions avaient le choix, mais aujourd’hui, 95 % des écoles interdisent le voile, notamment parce que celles qui avaient de bonne foi tenté l’expérience inverse ont, comme en France, été confrontées à des phénomènes d’intégrisme patents. Il faut respecter les enseignants, responsables de nos enfants et souvent si maltraités. Le Conseil d’enseignement de la Communauté flamande a récemment pris une mesure d’interdiction générale. Je dis simplement à mes interlocuteurs, qui voudraient faire adopter par la Communauté française une législation inspirée de l’ancien avis du Conseil d’Etat français, que l’histoire a montré le caractère ingérable de cette solution.


Dans une Carte blanche récente du Soir, Fabienne Brion et Philippe Van Parijs prennent une position opposée à la mienne [1]. Mais ils ne respectent pas la distinction que je fais entre interlocuteurs raisonnables et extrémistes. Ils n’hésitent pas à invoquer une prétendue corrélation entre l’opposition au port du voile et la propension aux attitudes racistes. Je trouve cette affirmation insultante pour tous ceux qui, comme moi, tentent de conjuguer le combat antiraciste avec la lutte contre l’intégrisme. Il ne me viendrait pas à l’esprit d’invoquer à leur propos la « corrélation » entre la défense du voile à l’école et la propension au fondamentalisme religieux.


« Il nous faut, affirment les auteurs, aujourd’hui apprendre à vivre avec une pluralité nouvelle et irréversible. » Ils ajoutent un peu plus loin qu’il ne faudrait pas « s’accrocher fébrilement à un passé révolu ». Je pense tout au contraire qu’il serait déraisonnable de fragiliser nos acquis. Ne soyons pas honteux de nos réalisations. Les régimes dans lesquels la religion intervient dans la sphère de l’Etat et de l’enseignement ont montré les effets délétères d’une telle confusion des rôles. Il est probablement plus facile d’être musulman sunnite en Belgique que de l’être dans un pays chiite, et vice versa.


Les auteurs croient que l’on veut « cacher… cette croyance que l’on ne saurait voir ». Je ne voudrais pas réveiller les vieilles querelles entre laïques et catholiques – je suis moi-même tout sauf un « laïcard » dogmatique – mais je pense qu’il y a une place et un moment pour tout. La liberté religieuse et de culte est très bien respectée dans notre pays. Je voudrais que nous soyons assez fiers de nos acquis démocratiques pour les offrir à toutes et à tous sans ouvrir l’école à ce que la Cour suprême des Etats-Unis appelle les « most vocal and powerful orthodoxies », bref les orthodoxies les plus puissantes, et les activistes qui crient le plus fort.


J’ai beau retourner l’article de mes collègues dans tous les sens : je n’y trouve pas mention de ce que signifie le voile pour tant de femmes musulmanes : la violence, les pressions, la dégradation de leur statut. Je pense à toutes ces femmes que la brutalité intégriste n’a plus laissées en paix depuis longtemps, et j’espère que notre société continuera à leur offrir un sanctuaire à l’abri du bruit et de la fureur du monde, pour leur permettre d’accéder à des acquis que nous serions bien téméraires de jeter aux orties au nom d’une « tolérance » et d’un « pluralisme » mal compris.


Guy Haarscher, Professeur à l’ULB et au Collège d’Europe, le 06/11/2009


notes:
[1] La Carte blanche de Van Parijs et Brion, « Femmes voilées : laissons-les en paix ! » , a été publiée le 27 octobre.

00:03 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laicite |  Facebook |

12.10.2009

Interdisez la burqa !

Lien: Pat Condell - Interdisez la burqa - vostf


Et n'oubliez pas de signer la pétition

http://www.ripostelaique.com/Halte-a-la-burqa-et-au-voile...

20:48 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laicite |  Facebook |

27.07.2009

Non aux vigiles de la pensée

rappel


Non aux vigiles de la pensée !


Le 7 juillet dernier, Alain Destexhe et Claude Demelenne publiaient dans le Soir une carte blanche intitulée « Voile : où sont les progressistes ? ». Suite à cela, plainte pour incitation à la haine religieuse a été déposée auprès du Centre pour l’égalité des chances par Abdelghani Ben Moussa, coordinateur du groupe « Vigilance musulmane ».


Nous déclarons haut et fort que nous sommes solidaires des deux auteurs de la carte blanche. Elle n’exprime rien d’autre qu’une inquiétude légitime, partagée par beaucoup de nos concitoyens – quelles que soient leurs convictions religieuses ou leurs origines – devant la montée en force d’un « cléricalisme moyenâgeux maquillé en progressisme d’opérette » et du communautarisme.
Aujourd’hui, comme hier lors de l’affaire des caricatures danoises, c’est la liberté d’expression qui est en danger, prise en otage par ceux qui, drapés des habits de la tolérance et du respect, prétendent stigmatiser et museler quiconque a l’outrecuidance de penser autrement.


Pour couper court à ces manœuvres d’intimidation, vous aussi, réagissez : signez et faites signer cette carte blanche en guise de solidarité avec Claude Demelenne et Alain Destexhe.Les noms des signataires (associations et particuliers) sont à envoyer à

reseaulaicite@yahoo.fr

Voile : où sont les progressistes ?


A priori, tout nous sépare. D’un côté, un parlementaire libéral. De l’autre, un journaliste de sensibilité socialiste. En pure logique manichéenne, jamais nous n’aurions dû cosigner cette carte blanche, puisque nous appartenons à des « camps » opposés. Tout nous sépare-t-il, vraiment ? Certainement pas l’engagement, qui devrait être commun à tous les démocrates, en faveur de l’émancipation des citoyens, de l’égalité hommes-femmes et de la neutralité de l’État. Nous partageons la même inquiétude parce que cet engagement subit des ratés de plus en plus fréquents. Une partie des démocrates le placent entre parenthèses. Sur la question du voile islamique et, plus largement, de l’immixtion croissante de cléricaux rétrogrades dans la sphère publique, leur position est ambiguë. Par naïveté, aveuglement ou électoralisme, certains progressistes autoproclamés – certaines « féministes » aussi – relaient les thèses des musulmans rigoristes cherchant à autoriser presque partout le port du voile islamique : à l’école, dans les entreprises, dans les administrations, au parlement…
Le cas de Mahinur Özdemir (CDH), première parlementaire en Europe à siéger voilée, est révélateur de la dérive de certains « progressistes ». Cette élue voilée « peut être un modèle pour l’émancipation des femmes », a déclaré sans rire la députée écologiste, étiquetée très à gauche, Zoé Genot. Quel contresens ! Au-delà de cette déclaration abracadabrantesque, le moins que l’on puisse écrire est que la gauche et le centre gauche ne sont pas en première ligne pour défendre les conquêtes laïques et les droits des femmes, contestés par les partisans d’un islam rétrograde. Sur la scène politique, seuls quelques élus réformateurs défendent publiquement une position progressiste et appellent un chat un chat : l’apparition du voile dans une assemblée parlementaire constitue en soi une régression démocratique et un message désastreux envoyé aux femmes qui n’ont d’autre choix que de le porter. La Belgique apparaît aujourd’hui comme un laboratoire pour les militants islamistes. À l’aide de leurs compagnons de route, vrais ou faux naïfs « de gauche », ils pourront mettre un peu plus encore la pression sur les femmes musulmanes, sommées de donner des gages de « respectabilité » et de « pudeur » en portant le voile.
Bien au-delà du cas Özdemir, nous voulons en revenir à l’essentiel, évacué par les partisans d’un relativisme culturel anti-humaniste. Quelle est la signification du voile ? L’essayiste d’origine iranienne Chahdortt Djavann en a fourni l’explication la plus limpide : « Le port du voile est l’emblème, le drapeau et la clé du système islamiste. C’est autour du voile qu’une société islamiste peut se créer. Le voile est le meilleur moyen de gagner du terrain pour les islamistes. Avec le voile, les femmes… sont les biens des hommes musulmans… Une fois mise sur le marché, la fille voilée ne peut être acquise que par un homme musulman. Voiler la femme, c’est donner à voir non seulement le marché du sexe, mais le système qui le sous-tend. “Voilà les femmes que nous avons et que vous n’aurez que si vous vous convertissez à l’islam” : ce message vient des islamistes et s’adresse à tous les hommes susceptibles de le recevoir, ne serait-ce que parce qu’ils circulent dans la rue ou prennent le métro. Le voile est le meilleur instrument du prosélytisme islamiste » (1). Partout dans le monde, des femmes musulmanes se battent pour sortir de ce système islamiste qui cherche à les maintenir dans un statut de sous-homme. « Beaucoup de femmes musulmanes, écrit le philosophe Abdennour Bidar, préfèrent un islam du cœur, de la vie privée, refusant un voile, même léger, qui demeurera toujours comme un instrument de “marquage” qui laisse sur elles l’empreinte d’un pouvoir subi de la part des hommes » (2). Ce sont ces femmes musulmanes, courageuses et souvent héroïques, que méprisent, chez nous, ceux qui multiplient les concessions aux musulmans rétrogrades. Nous ne pouvons nous taire lorsque les compagnons de route des islamistes traitent de « racistes » ou d’« islamophobes » les démocrates qui veulent bétonner les conquêtes laïques et défendre le droit de toutes les femmes. Ce terrorisme intellectuel est d’autant plus insupportable qu’il est souvent pratiqué par des militants dits « progressistes » qui, lors de la manifestation pro-palestinienne du 11 janvier dernier, dans les rues de Bruxelles, ont défilé aux côtés d’islamistes encensant le Hamas et le Hezbollah, appelant à la guerre sainte et hurlant des slogans antisémites. Les donneurs de leçons devraient, parfois, se regarder dans un miroir. Nous regrettons que tant de démocrates, socialistes, écologistes, humanistes, féministes, s’autocensurent face à la montée du cléricalisme musulman ultraconservateur. Nous espérons que leur silence sera bientôt rompu. Nous savons que dans tous les partis, de très nombreux élus ne supportent plus la chape de plomb imposée par les compagnons de route des islamistes. Nous savons qu’ils sont nombreux à déplorer, qu’à Bruxelles particulièrement, les mosquées et les imams conservateurs, interviennent de plus en plus vivement dans le débat politique. Au point qu’aujourd’hui, il est devenu malaisé, pour un candidat d’origine arabo-musulmane, d’être élu, à Bruxelles, sans certificat de « bon musulman ». Il suffit de passer au crible les élus (et les non-élus) d’origine arabo-musulmane de certains partis démocratiques bruxellois pour comprendre. C’est tout sauf un hasard si certains, défenseurs d’un islam pas vraiment éclairé, sont élus, et si d’autres, pas assez conformistes pour bénéficier du soutien des mosquées, restent en rade. Nous appelons à un débat au sein des assemblées parlementaires dès la rentrée. Nous appelons à un sursaut : démocrates de droite ou de gauche, cessons de faire l’autruche face au retour d’un cléricalisme moyenâgeux maquillé en progressisme d’opérette. Les droits de l’homme et surtout de la femme sont en jeu, appartenons tous au même camp.


(1) Que pense Allah de l’Europe ? , éd. Gallimard, 2004.
(2) Libération , 29 juin 2009.
Claude Demelenne
Alain Destexhe
Le R.A.P.P.E.L. (Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque)
Chemsi Cheref-Khan
Nadia Geerts
Pierre Efratas
Yvan Biefnot
Sam Touzani
Anne-Marie Roviello
Jacques Lemaire
Bahareh Dibadj
André Nayer
Jamila Si M’hammed
Gisèle De Meur
Pierre Van den Dungen
Philipp Bekaert
Elie Cogan
Guy Haarscher
Dominique Celis

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11.04.2009

Signes religieux à l’école : il est grand temps que les autorités compétentes assument leurs responsabilités !

rappel


La récente décision du Conseil d’Etat de déclarer irrecevable la demande du MRAX d’annuler les points des règlements d’ordre intérieur des athénées de Gilly et de Vauban interdisant depuis la rentrée 2005 « le port de tout couvre-chef, de signe ostensible d’appartenance politique ou religieuse dans l’enceinte de l’établissement » relance la polémique sur les signes religieux à l’école.


En novembre 2007, trente intellectuels, enseignants, hommes et femmes engagés en politiques ou simples citoyens lançaient une pétition qui, devant la recrudescence recrudescence des exigences religieuses ou dites telles à l’école, demandait aux responsables politiques et aux ministres compétents en matière d’enseignement d’interdire tout signe ostensible d’appartenance philosophique ou religieuse dans le cadre scolaire et de mettre tout en œuvre pour préserver l’école des tentatives d’immixtion du religieux dans le contenu des enseignements et les critères d'organisation de la vie scolaire.


Laïcité


Cette pétition fut très rapidement cosignée par plusieurs milliers de personnes, et donna naissance à la création du Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat laïque . Mais il en fallait plus pour décider nos ministres compétents à prendre une décision qui, pour être de bon sens, n’en risquait pas moins de leur attirer les foudres d’une partie de leur électorat.


Aujourd’hui, le Conseil d’Etat vient à son tour de se prononcer, rappelant fort opportunément que non seulement interdire le port de signes d’appartenance religieuse à l’école n’est pas discriminatoire, mais que cela contribue au contraire à lutter contre les discriminations, rejoignant donc parfaitement l’objet social du MRAX. Nous réitérons notre appel aux responsables politiques pour qu’ils sortent enfin de leur silence et prennent leurs responsabilités.


La question de la mainmise des pouvoirs religieux – institués ou non - dans la sphère scolaire », en effet, n’est pas, contrairement à ce qu’avait prétendu la ministre Marie Aréna en son temps, une question de « projets pédagogiques contrastés, consacrés par des règlements d’ordre intérieur différents, ce qui permet aux parents et aux élèves de faire le choix de l’établissement qu’ils estiment le plus adapté à leurs aspirations ».


La question des signes religieux à l’école concerne au contraire la manière dont se conçoit l’enseignement bénéficiant de subsides publics, et ne peut donc être laissée à la responsabilité exclusive des chefs d’établissements que l’Etat abandonne par là à toutes les pressions. De la même manière, des questions telles que la place des convictions philosophiques au sein de l’école ou l’application des principes de mixité sociale et des sexes – notamment l’égalité en droits et en devoirs des hommes et des femmes – constituent des questions politiques essentielles qui doivent être tranchées par la puissance publique et le pouvoir politique, garants des valeurs fondatrices de notre société.


Enfin, laisser les écoles décider souverainement en la matière, c’est contribuer au renforcement de la dualisation de l’enseignement au nom de la coexistence de « projets éducatifs contrastés ». C’est accepter qu’au lieu de protéger les consciences des élèves, l’école puisse souscrire à des pratiques qui, sous couvert de religion, visent la contestation de l’égalité et de la mixité.


Pour toutes ces raisons, et parce que l’immixtion du religieux ne se manifeste pas que dans la sphère scolaire, mais touche l’ensemble de la sphère institutionnelle, nous lancerons prochainement un appel aux hommes et femmes politiques de ce pays, concernant leur attachement à la défense des valeurs laïques. La Belgique a en effet un urgent besoin de laïcité, sous peine de voir de plus en plus le vivre ensemble et la cohésion sociale menacés par ceux qui refusent la séparation du droit et de la foi, mettant les prescrits religieux au-dessus de tout.


Si vous souscrivez à ce texte, agissez en cosignant la pétition relative à l’immixtion du religieux à l’école.

ecolereligion@hotmail.com


Nadia Geerts
Claude Javeau
André Nayer
Jacques Lemaire
Lara Herbinia
Philipp Bekaert
Guy Haarscher
Abdellatif Mghari
Philippe Schwarzenberger
Jamila Si M'Hammed
Georges Verzin
Farouk Boustami
Philippe De Menten
Sam Touzani
Chemsi Cheref-Khan
Pierre Van den Dungen
Mohammad Zahedi
Yvan Biefnot
Bahareh Dibadj
Dominique Celis
Gisèle De Meur
Elie Cogan
Pierre Efratas

23:56 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : laicite |  Facebook |