20.11.2009
La liberté d'expression de plus en plus menacée en Italie ! Réagissez !

Antonio Tabucchi
L’écrivain italien, Antonio Tabucchi, poursuivi pour diffamation par un proche de Berlusconi, premier ministre de la Péninsule, reçoit le soutien du monde culturel européen. A nouveau, la liberté d’expression est remise en cause en Italie.
L’écrivain italien est poursuivi par le président du Sénat italien, Renato Schifani, qui lui réclame la somme de 1,3 million d’euros de dommages et intérêts pour diffamation.
En mai 2008, dans un article du quotidien de gauche L’Unità, Tabucchi notait que Schifani avait, par le passé, fait l’objet d’une enquête sur ses liens supposés avec des mafieux. Il reprenait des informations déjà parues en précisant que le président du Sénat avait été « absous ». Il n’en fallait pas plus pour devenir la nouvelle cible à abattre du pouvoir en place. Car Schifani est un des proche de Berlusconi, et évoquer ses relations et autres fréquentations douteuses peut coûter cher. La preuve : voici un écrivain et intellectuel italien de plus, victime de la loi du « clouage de bec » médiatique qui règne sur la péninsule. Tabucchi, dans son article, ne faisait que reprendre les propos du journaliste Marco Travaglio, célèbre pour ses ouvrages dénonçant les corruptions de la justice et du gouvernement. Ce dernier a subi un nombre incalculable de procès, dont un intenté puis perdu par Berlusconi lui-même. Dans un autre genre, le blog du comédien Beppe Grillo, au ton virulent, a failli tomber en 2007 sous le joug d’une loi de contrôle des contenus éditoriaux, y compris ceux publiés sur le web. Une mobilisation des internautes a permis d’enrayer la proposition de loi, tout n’est donc pas perdu.
Réagissant à cette mise en péril de la liberté de pensée et d’expression, de nombreuses personnalités ont rédigé une lettre ouverte en soutien à Antonio Tabucchi, publiée dans Le Monde du jeudi 19 novembre. Témoignage de solidarité et manifeste « contre tous les abus de pouvoir et les raisons d’Etat », cet appel est signé, entre autres, par le cinéaste Théo Angelopoulos, les écrivains Jorge Semprun et Philip Roth, la comédienne Nadine Trintignant et Marie NDiaye.

A l'initiative des Editions Gallimard, un appel international de solidarité avec l'écrivain italien Antonio Tabucchi, cible du pouvoir berlusconien, vient d'être rendu public. Défense de ceux qui "osent, provoquent et dérangent" et de "la liberté de plume des écrivains indissociable de l'idée même de démocratie", son propos rejoint évidemment la cause de Marie NDiaye, d'ailleurs signataire de l'appel, face aux attaques du pouvoir sarkozyste.
Voici le texte de l'appel de soutien à Antonio Tabucchi, célèbre auteur de Pereira prétend, suivi de la liste complète de ses premiers signataires, ce mercredi 18 novembre. Vous pouvez signer en bas.
Les démocraties vivantes ont besoin d'individus libres. D'individus indisciplinés, courageux, créatifs. Qui osent, qui provoquent, qui dérangent. Il en est ainsi des écrivains dont la liberté de plume est indissociable de l'idée même de démocratie. De Voltaire et Hugo à Camus et Sartre, en passant par Zola et Mauriac, la France et ses libertés savent ce qu'elles doivent au libre exercice de leur droit de regard et de leur devoir d'alerte face à l'opacité, aux mensonges et aux impostures des pouvoirs. Et l'Europe démocratique, depuis qu'elle se construit, n'a eu de cesse de conforter cette liberté des écrivains contre tous les abus de pouvoir et les raisons d'Etat.
Or voici qu'en Italie, cette liberté est mise en péril par l'attaque démesurée dont fait l'objet Antonio Tabucchi. Le président du Sénat italien, Renato Schifani, lui demande en justice la somme exorbitante de 1.350.000 euros en raison d'un article paru dans L"Unità, lequel journal n'est cependant pas poursuivi. Le crime d'Antonio Tabucchi est d'avoir interpellé M. Schifani, personnage central du pouvoir berlusconien, sur son passé, ses relations d'affaires et ses fréquentations douteuses - toutes questions sur lesquelles il rechigne à s'expliquer. Interroger l'itinéraire, la carrière et la biographie d'un haut responsable public fait pourtant partie du nécessaire questionnement et des légitimes curiosités de la vie démocratique.
Par le choix particulier de sa cible – un écrivain qui n'a pas renoncé à exercer sa liberté – et par la somme réclamée – un montant astronomique pour une affaire de presse –, l'objectif recherché est d'intimider une conscience critique et, à travers elle, de faire taire le plus grand nombre. Des récentes poursuites contre la presse d'opposition à ce procès fait à un écrivain européen, nous ne pouvons rester indifférents et passifs devant l'offensive de l'actuel pouvoir italien contre la liberté de jugement, de critique et d'interpellation. C'est pourquoi nous témoignons de notre solidarité avec Antonio Tabucchi et vous appelons à nous rejoindre, en signant massivement cet appel.
http://www.mediapart.fr/club/blog/la-redaction-de-mediapa...
20:17 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liberte d expression |
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