03.12.2008

PAS TOUCHE AU VENEZUELA - SOUTENEZ LES TRAVAILLEURS VENEZUELIENS

Pas touche au Venezuela


Venezuela : vague d’intimidations contre-révolutionnaires, trois syndicalistes assassinés


Ecrit par Jorge Martin
03-12-2008


Dans la soirée du mardi 25 novembre, trois dirigeants syndicaux ont été assassinés à Aragua, au Venezuela. Richard Gallardo, secrétaire de l’UNT dans l’Etat d’Aragua, Luis Hernandez, secrétaire du syndicat des travailleurs de Pepsi-Cola, et Carlos Requena regagnaient leur véhicule, après avoir mangé dans un restaurant de La Encrucijada, lorsqu’un homme à moto a fait feu sur les syndicalistes. Tous trois venaient de passer leur journée à soutenir la lutte de 400 travailleurs de l’usine colombienne Alpina.


UNT


Meeting de l'UNT (United Socialist Party)


Les travailleurs ont occupé l’usine Alpina, exigé le paiement de leurs salaires et lutté contre la tentative des dirigeants de la multinationale de fermer cette usine. Le matin même, ils avaient été brutalement réprimés par la police régionale. Les trois syndicalistes avaient mobilisé les travailleurs d’autres usines, dans la localité, qui ont permis aux salariés d’Alpina de reprendre le contrôle des installations. Ils ont demandé la nationalisation de l’usine, sous contrôle ouvrier.


L’actuel gouverneur régional d’Aragua, Didalco Bolivar, avait été élu sur une liste pro-Chavez, en 2004, avant de passer à l’opposition, en même temps que son parti Podemos, lors de la campagne pour le référendum constitutionnel de 2007. Il a des liens étroits avec les capitalistes locaux et, pour défendre leurs intérêts, a systématiquement recouru à la répression policière contre les travailleurs, comme par exemple lors de la mobilisation des ouvriers de Sanitarios Maracay, en avril 2007.


Le mode opératoire de l’assassinat est le même que celui utilisé par les paramilitaires à la solde des patrons, en Colombie, pour assassiner et intimider des syndicalistes et des militants ouvriers. Des paramilitaires colombiens liés à l’oligarchie vénézuélienne sont d’ailleurs présents depuis plusieurs années, sur le territoire vénézuélien.


Dès qu’elle a appris la nouvelle, l’UNT d’Aragua a immédiatement appelé à une journée de protestation dans toutes les entreprises et usines. Des milliers de travailleurs ont cessé le travail et sont descendus dans la rue, l’après-midi du vendredi 28 novembre. Ils étaient également des milliers à participer à la marche organisée pour les funérailles, le samedi. Des routes ont aussi été bloquées à Aragua et Carabobo.


Lors d’un meeting, Orlando Chirino, coordinateur national de l’UNT, a appelé les travailleurs à répondre à toutes les menaces du patronat en « occupant les usines et en demandant leur expropriation par le gouvernement » – un mot d’ordre que nos camarades vénézuéliens du Courant Marxiste Révolutionnaire défendent depuis des années, et qu’ils réitèrent à cette occasion.


La Tendance Marxiste Internationale condamne ces assassinats de dirigeants syndicaux dont le seul crime fut de défendre les intérêts de la classe ouvrière contre les intimidations et le terrorisme des capitalistes. Nous tenons à exprimer notre solidarité aux familles, aux amis et aux camarades de Richard Gallardo, Luis Hernandez et Carlos Requena. Nous en appelons au mouvement ouvrier international pour qu’il se mobilise contre ces assassinats politiques et réclame que ses auteurs soient traduits devant la justice.


Les intimidations de l’opposition


Ces assassinats ont eu lieu dans le contexte d’une vague de provocations et d’intimidations de la part des gangs réactionnaires, dans les Etats ou dans les municipalités remportées par l’opposition lors des élections locales du 23 novembre dernier. Comme nous l’avons expliqué à plusieurs reprises, l’oligarchie vénézuélienne ne s’est concentrée sur le front électoral que dans la mesure où le rapport de force n’est pas favorable à une nouvelle tentative de coup d’Etat, à ce stade. Mais dès qu’elle parviendra à conquérir des positions de pouvoir, l’opposition jettera son masque « démocratique » et montrera son vrai visage réactionnaire. Et c’est ce qui est déjà en train de se produire, dans une certaine mesure.


De nombreuses sources font état d’attaques menées par des gangs réactionnaires contre des docteurs cubains, des radios alternatives, des bénéficiaires des programmes éducatifs ou de santé (misiones), des bâtiments utilisés par des conseils communaux et autres organisations révolutionnaires, etc. C’est particulièrement le cas à Miranda, Carabobo, Táchira – trois Etats où l’opposition a remporté les élections – et dans des villes où l’opposition a remporté le conseil municipal, comme par exemple Maracaibo.


Dans un discours, le dimanche 30 novembre, le président Chavez a cité plusieurs cas d’attaques. Il a notamment lu une longue liste d’attaques ou de menaces contre des cliniques et centres éducatifs. En voici quelques unes :


- Une clinique du programme de santé Barrio Adentro a été incendiée à Los Taladros (Valencia), dans l’Etat de Carabobo.
- A Tachira, des étudiants des misiones ont été expulsés des bâtiments municipaux.
- A Miranda, il y a eu des attaques et des menaces contre le site universitaire UNEFA.
- A Los Teques, il y a eu des menaces contre la radio « La Voz de Guaicaipuro ».
- A Miranda, une clinique a également été menacée et a dû être protégée par la police.
- A Puerto Cabello (Carabobo), des partisans du nouveau gouverneur, Salas Feo, ont menacé des docteurs cubains et des cliniques du programme « Barrio Adentro ».
- A Guaicaipuro (Miranda), 10 docteurs cubains ont été expulsés de leurs logements municipaux.


Cette liste est loin d’être exhaustive.

Des milliers de travailleurs, d’étudiants et de pauvres ont déjà manifesté, à Los Teques, vendredi, pour défendre les misiones contre ces attaques contre-révolutionnaires


Les provocations des gangs de l’opposition pourraient déboucher sur une radicalisation du mouvement révolutionnaire. La révolution a parfois besoin du fouet de la contre-révolution, pour avancer.


Dans son discours, dimanche, Chavez a cité Karl Marx et expliqué : « ce à quoi nous assistons, au Venezuela, c’est une expression de la lutte des classes, les pauvres contre les riches, les riches contre les pauvres. » Il a ajouté que ces attaques « ne sont qu’une indication de ce qui se passerait si ces partis d’opposition contre-révolutionnaires prenaient le pouvoir au Venezuela. » Chavez a appelé le peuple à la « mobilisation permanente face à la contre-révolution ».

chavez


Hugo CHAVEZ


Armer les travailleurs ! Exproprier l’oligarchie !


Ces discours doivent se traduire dans des actes. Puisqu’il s’agit d’une lutte des classes, le seul moyen de la conclure est d’arracher le pouvoir économique et politique des mains de l’oligarchie (les capitalistes, les propriétaires terriens et les banquiers). L’assassinat des trois dirigeants syndicaux montre de quoi les patrons sont capables pour défendre leurs intérêts, leur pouvoir et leurs privilèges. Ces crimes ne sont pas des actes isolés. Ces dix dernières années, plus de 100 militants paysans ont été assassinés au cours de leur lutte pour la réforme agraire. D’autres militants révolutionnaires ont été tués dans les villes et les campagnes. Et pourtant, personne n’a été arrêté et jugé. Ceux qui ont organisé le coup d’Etat d’avril 2002 et le lock-out patronal de la même année sont toujours libres de leurs mouvements, libres de comploter contre la révolution et la volonté démocratique du peuple. Certains d’entre eux ont même été candidats aux élections locales du 23 novembre dernier – et plusieurs ont été élus !


Comme l’expliquent, sur place, nos camarades du Courant Marxiste Révolutionnaire – mais aussi, désormais, l’UNT d’Aragua –, les travailleurs doivent organiser leur auto-défense. Lorsque Chavez avait appelé chaque homme et chaque femme du peuple à apprendre à se servir d’une arme pour défendre la révolution, aucune des différentes fractions de la direction de l’UNT ne s’était saisie de cet appel pour le mettre en œuvre dans les usines. Désormais, c’est une tâche urgente.


CMR


Dans l’usine Inveval (qui est sous contrôle ouvrier), les travailleurs ont déjà mis sur pied une unité de l’armée de réserve, et prévoient d’établir une garde permanente pour se défendre contre d’éventuelles attaques. C’est d’autant plus important que l’usine Inveval se situe à Los Teques (Miranda), dont le nouveau gouverneur régional, le réactionnaire Capriles Radonsky, avait organisé l’assaut contre l’ambassade de Cuba, lors du coup d’Etat d’avril 2002.


L’initiative des salariés d’Inveval doit être généralisée à l’ensemble des usines et des entreprises du pays. Les travailleurs doivent organiser leur propre défense : personne ne le fera à leur place. La direction de l’UNT doit mobiliser la classe ouvrière pour l’occupation des usines et revendiquer l’expropriation, sous le contrôle des salariés, des principaux leviers de l’économie qui sont encore entre les mains des capitalistes. C’est la seule garantie de la victoire de la révolution. Il n’y a pas de temps à perdre !


Jorge Martin


Envoyez un mail avec vos nom, prénom, adresse éventuelle (pas obligatoire sauf le pays), profession et l'organisation à laquelle vous appartenez éventuellement.

mailto:bruxelles@pastoucheauvenezuela.be

21:36 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : syndicat, luttes |  Facebook |

26.11.2008

Inacceptable !

Il existe quand même un journaliste qui a osé aller à l'encontre des propos populo-poujadistes des médias qui considèrent les grévistes comme autant de preneurs d'otages, comme des terroristes en somme: Marc Oschinsky dans Le Vif-L'Express du 7 novembre 2008. Un journal que l'on pourrait difficilement soupçonner de soutenir la gauche radicale !

Marc Oschinsky

MARC OSCHINSKY

LES OTAGES DE LA SEMAINE

"Nos clients ne peuvent pas être pris en otage par les grévistes" (Le porte-parole d'un groupe de distribution, réagissant aux piquets de grève qui bloquaient l'accès aux supermarchés.)

Bof... On a déjà été pris en otage par la N-VA: "Scindez BHV ou vous ne reverrez plus la Belgique vivante". Puis par les banques: " Donnez-nous des milliards d'euros ou vous ne reverrez plus vos économies". Et par les patrons: "Touchez pas à nos parachutes dorés ou, quand on vous virera, vous n'aurez plus un centime". Alors, franchement, se faire traiter d'Ingrid Betancourt du Maxi GB, on n'est plus à ça près." (Fin de citation)

C'est dit avec humour, mais il n'empêche qu'il souligne un problème gravissime: les attaques systématiques contre le droit de faire grève.

Le patronat n'a qu'un rêve: reconquérir la puissance qu'il avait au 19ème s. avant les conquêtes sociales. Cela crève les yeux. Mais pas de tout le monde apparemment.

Les partis autoproclamés "de gauche", dont je ne citerai pas le nom mais que vous avez tous en tête, se taisent dans toutes les langues. Or qui ne dit mot consent !

Les syndicats au-delà des discours modérément outrés acceptent, sans rechigner d'être mis à l'ordre par des huissiers ! Au nom du droit au travail ! Sans blague ? Ou alors, faut rester cohérent. Si un jour, on peut rêver, ces syndicats-là parviennent encore à conquérir quelque chose ou même à préserver un avantage "acquis", seuls celles et ceux qui ont participé à la grève devraient en bénéficier ! Vous allez entendre gueuler les manches à balle !

A la limite, je me demande, mais ce n'est qu'une supposition, si cet état de chose n'arrangent pas ces "représentants des travailleurs". En effet, j'ai l'impression qu'ils ont une peur bleue (si j'ose écrire) de se faire déborder par leur base. Dès lors, au lieu d'organiser la colère des travailleurs, ils la canalisent. L'aide de l'institution judiciaire leur vient bien à point: ils se cachent derrière.

Enfin quoi ? Il est question de geler des salaires du secteur privé pendant deux ans et pas un souffle de contestation ! Dans le même temps, la presse titre à la une l'augmentation de la dotation royale de 6% et c'est tout juste si on n'applaudit pas ! Le porte-parole de Philips annonce un millier de licenciements pour, je cite, "maintenir le niveau des profits" et cette déclaration est acueillie dans l'indifférence générale. La loi sur les parachutes dorés, dèjà plus que timide, a plus que du plomb dans l'aile et on n'entend que le silence.

Résumons: tout ce qu'ils sont capables de faire c'est de l'agitation inutile et d'encaisser nos cotisations. J'appelle cela de l'abus de confiance !

vive-la-greve

22:14 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luttes, syndicat |  Facebook |

14.09.2007

Syndiqués, soyez heureux...


Vous voterez entre le 5 et le 18 mai 2008. A l'heure où j'écris ces quelques lignes, un accord est en vue entre les patrons et les responsables syndicaux sur la date des élections sociales.


Qu'est-ce qui bloquait ?


Une directive européenne qui aurait du être transposée dans le droit social belge depuis... 2005 et qui ordonne la mise en place d'une représentation des travailleurs dans les entreprises de plus de 20 salariés. Le patronat n'est pas d'accord, évidemment.
Actuellement, la législation prévoit un conseil d'entreprise (où sont dévoilées des informations économiques, pas toutes, bien sûr) à partir de 100 travailleurs et un comité pour la prévention et la protection au travail (où l'on parle de bien-être au travail, sans obligation d'agir, et sans accès aux infos économiques) à partir de 50 travailleurs.
Le plus grave, c'est que la directive est contraignante dont coût pour la Belgique: 2,9 millions d'euros d'amende perçue par l'Union européenne et 209.160 euros par JOUR de retard. Date butoir: dans les plus brefs délais.


grève


La Belgique est le paradis du capitalisme (K. Marx)


Qui va payer selon vous ? Le patronat qui freine des 4 fers depuis toujours ? Pensez-vous, c'est vous, c'est moi, c'est nous, les éternels cochons payeurs.
Etrange démocratie où des responsables, pourvu qu'ils soient riches et puissants, peuvent échapper à la sanction de leurs méfaits.
Etrange démocratie qui s'arrête à la porte des entreprises surtout celles de moins de 50 travailleurs.
Etrange démocratie où le pouvoir politique est impuissant à faire respecter la loi au monde économique.
C'est même à se demander à quoi rime tout le cirque pour mettre sur pied un gouvernement impuissant ! Comme les 6 autres d'ailleurs au coût aussi exorbitant qu'inutile. Du gaspillage éhonté en 2 mots.


VlaanderenWallonie2


Cet épisode peu glorieux, un de plus, démontre à l'envi, s'il le fallait encore, l'inanité, en cas d'éclatement du pays, d'une Wallonie indépendante. La Belgique est déjà trop faible pour résister aux forces financières. Alors la Wallonie seule...


La lutte paie pourtant


Mais au fait pourquoi les représentants syndicaux, après une lutte aussi acharnée que discrète et avec l'atout européen en main, lâchent-ils le morceau ? Pourquoi abandonnent-ils une de leurs plus vieilles revendications ? Pourquoi renoncent-ils à organiser des milliers de travailleurs ?
Ils sont élus, non ? On pourrait prolonger leurs mandats, personne ne s'en apercevrait.
Et si tout cela n'était qu'agitation ? S'ils avaient, eux aussi, un agenda caché ?
Après tout, ils n'ont peut-être pas oublié que tous les grands mouvements sociaux ont démarré sans eux, contre eux, parfois. Et qu'ils n'ont jamais eu de cesse d'étouffer la colère et les justes revendications des travailleurs: il fallait savoir arrêter une grève !
Bref ils ont toujours couru derrière toutes les grandes grèves.
Aujourd'hui, à mon avis, ils doivent manquer de souffle.


greve 2


ADHÉREZ A LA LCR


1lcr

23:03 Écrit par Patrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : syndicat |  Facebook |